LE BESOIN , PERE DES ARTS
Hélas ! avant ce jour qui- perdit ses neveux, Tous les plaisirs couraient au- devant de ses vœux. La faim aux animaux ne faisait point la guerre. Le blé , pour se donner , sans peine ouvrant la terre , N'attendait pas qu'un bœuf pressé de l'aiguillon Traçât à pas tardifs un pénible sillon. La vigne offrait partout des grappes toujours pleines, Et des ruisseaux de lait serpentaient dans les plaines. Mais dès ce jour Adam, déchu de son état, D'un tribut de douleur paya son attentat. Il fallut qu'au travail son corps rendu docile Forçât la terre avare à devenir fertile. Le chardon importun hérissa les guérets ; Le serpent venimeux rampa dans les forêts; La canicule en feu désola les campagnes; L'aquilon en fureur gronda sur les montagnes. Alors, pour se couvrir durant l'âpre saison, Il fallut aux brebis dérober leur toison. La peste en même temps , la guerre et la famine, Des malheureux humains jurèrent la ruine *.
BOILEAD.
Tout passe donc, hélas! ces globes inconstante Cèdent comme le nôtre à l'empire du temps : Comme le nôtre aussi sans doute ils ont vu naître Une race pensante , avide de connaître : Ils ont eu des Pascals, des Leibnitz, des Buffons.
Tandis que je me perds en ces rêves profonds, Peut-être un habitant de Vénus, de Mercure, De ce globe voisin qui blanchit l'ombre obscure8, Se livre à des transports aussi doux que les miens. Ah ! si nous rapprochions nos hardis entretiens! Cherche- t-il quelquefois ce globe de ia terre, Qui dans l'espace immense en un point se resserre?
lard par Ncwlon. Kepler mourut a no Lisbonne, le 13 novembre 1030. (N. E )
s Les comètes. (N. E.)
« Voyez le 1er livre des Céorgiqucs de Virgile , v. llli , cl la traduction par Dclillc. (N. E.)
C l.a lun<\ (W. E )
A-t-il pu soupçonner qu'en ce séjour de pleurs ïiampe un être immortel qu'ont flétri les douleurs? Habitants inconnus de ces sphères lointaines, Sentez-vous nos besoins, nos plaisirs et nos peines? Connaissez-vous nos arts? Dieu vous a-t-il donné Des sens moins imparfaits, un destin moins borné, Royaumes étoiles, célestes colonies, Peut-être enfermez-vous ces esprits, ces génies, Qui , par tous les degrés de l'échelle du ciel, Montaient, suivant Platon, jusqu'au trône éternel. Si pourtant, loin de nous, de ce vaste empyrée Un autre genre humain peuple une autre contrée, Hommes, n'imitez pas vos frères malheureux! En apprenant leur sort, vous gémiriez sur eux; Vos larmes mouilleraient nos fastes lamentables. 7 ous les siècles en deuil , l'un à l'autre semblables , Courent sans s'arrêter, foulent de toutes parts Les trônes, les autels, les empires épars, Et, sans cesse frappés de plaintes importunes, Passent en me contant nos longues infortunes : Vous, hommes, nos égaux, puissiez-vous être, hélas! Plus sages, plus unis, plus heureux qu'ici- bas! de fontanes. Essai sur l'astronomie.