‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 318 sur 649 · LA PRIÈRE DU SOIR A BORD D'UN VAISSEAU · texte numérisé non relu

LA PRIÈRE DU SOIR A BORD D'UN VAISSEAU

Cependant le soleil, sur les ondes calmées, Touche de l'horizon les bornes enflammées ; Son disque étincelant, qui semble s'arrêter, Revêt de pourpre et d'or les flots qu'il va quitter! Il s'éloigne, et Vesper, commençant sa carrière, Mêle au jour qui s'éteint sa timide lumière. J'entends l'airain pieux, dont les sons éclatants Appellent la prière et divisent le temps. Pour la seconde fois, le nautonier fidèle Adorant à genoux la puissance éternelle, Dès que l'astre du jour a brillé dans les airs, Adresse l'hymne sainte au Dieu de l'univers. Entre l'homme et le ciel, sur des mers sans rivages, Un prêtre en cheveux blancs conjure les orages : Son zèle des nochers adoucit les travaux , Épure leur hommage, et console leurs maux. « Dieu créateur! dit-il, loi dont les mains fécondes « Dansleschampsderespaceontsuspendu les mondes; « Dieu des vents et des mers, dont l'œil conservateur « De l'Océan qui gronde arrête la fureur, « Et, d'un regard chargé de tes ordres sublimes, « Suis un frêle vaisseau flottant sur les abîmes, « Que peuvent devant toi nos travaux incertains? « Dieu, que sont les morlelssous tes puissantes mains? « Par des vœux suppliants nos alarmes t'implorent; « Bénis, Dieu paternel, tes enfants qui t'adorent; « Rends- les à leur patrie, à ton culte, à ta loi : « La force et la vertu ne viennent que de toi. « Daigne remplir nos cœurs; éloigne la tempête; « Que le sombre ouragan se dissipe et s'arrête « Devant ces pavillons qui le sont consacrés;

e l'Académie t'eossaisc , appelée Uigl.land Society, ont rouvé que ses prétentions étaient peu. fondées. (N. E.) 5 Voyez, plus bas. Description?-

o Et qu'un Jour nos drapeaux , par loi-meme illustrés , « Aux doutes de l'orgueil opposant nos exemples, « Appellent le respect et la foi dans tes temples! » Il dit, et prie encor; ses chants consolateurs D'espérance cl d'amour pénètrent tous les cœurs. O spectacle touchant, ravissantes images! Tandis que l'œil fixé sur un ciel sans nuages, Du prêtre, dont la voix semble enchaîner les vents, Les nautoniers émus répèlent les accents, Le couchant a brillé d'une clarté plus pure; L'Océan de ses Ilots apaise le murmure; fit seule, interrompant ce calme solennel, La prière s'élève aux pieds de l'Éternel l,

esménard. La Navigation, ch. vin.

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