LE CLAIR DE LUNE
Mais de Diane au ciel l'astre vient de paraître; Qu'il luit paisiblement sur ce séjour champêtre! • Eloigne tes pavots, Morphée, et laisse-moi Contempler ce bel astre, aussi calme que toi. Cette voûte des deux mélancolique et pure, Ce demi-jour si doux levé sur la nature , Ces sphères qui , roulant dans l'espace des deux > Semblent y ralentir leur cours silencieux; Du disque de l'hébé la lumière argentée, En rayons tremblotants sous ces eaux répétée , Ou qui jette en ces bois, à travers les rameaux, Une clarté douteuse et des jours inégaux; Des différents objets la couleur affaiblie, Tout repose la vue, et l'âme recueillie. Reine des nuits, l'amant devant toi vient rêver, Le sage réfléchir, le savant observer.
Il larde au voyageur, dans une nuit obscure, Que ton pâle flambeau se lève et le rassure : Le ciel d'où tu me luis est le sacré vallon, Et je. sens que Diane est la sœur d'Apollon 2.
r.EMiÈRE. Les Fastes, ch. VU.
LES TOMBEAUX AERIENS.
Dirai-je des Natchez la tristesse touchante! Combien de leur douleur l'heureux instinct m'en- ..... [ chante !
Là, d'un fils qui n'est plus la tendre mère en deuil A des rameaux voisins vient pendre le cercueil. Eh ! quel soin pouvait mieux consoler sa jeune ombre! Au lieu d'être enfermé dans la demeure sombre , Suspendu sur la terre et regardant les deux, Quoique mort, des vivants il attire les yeux. Là, souvent sous le fils vient reposer le père; Là, ses sœurs en pleurant accompagnent leur mère; L'oiseau vient y chanter, l'arbre y verse des pleurs, Lui prête son abri , l'embaume de ses fleurs ; Des premiers feux du jour sa tombe se colore; Les doux zéphyrs du soir, le doux vent de l'aurore , Balancent mollement ce précieux fardeau, Et sa tombe riante est encore un berceau : De l'amour maternel illusion touchante 3 !
DELILLK. L'Imagination, ch. Vif.
« Voyez Tableaux en prose , même sujet, s Voyez Tableaux en prose ,/e spectacle d'il iaris les déserts du nouveau monde.
3 Voyez. Tableaux en prose, même sujet.