‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 368 sur 649 · LES COQUILLAGES · texte numérisé non relu

LES COQUILLAGES

Voyez au fond des eaux ces nombreux coquillages ; La terre a moins de fruits, les bois moins de feuillages. Tout ce que le soleil prodigue de couleurs, Les sept rayons d'Iris , l'émail brillant des fleurs, Les jets de la lumière et les taches de l'ombre, S'épuisent pour former leurs nuances sans nombre. Dans leurs contours divers quelle variété! Chacun d'eux a sa grâce et son utilité. Volutes, chapiteaux, fuseaux, navette, aiguilles, Quelles formes n'ont pas leurs nombreuses familles! Partout le grand artiste a varié son plan. Ici c'est un étui, là se ijnontre un cadran; L'un en casque brillant est sorti de son moule, L'autre en vis tortueuse élégamment se roule, L'autre de l'araignée a la forme et le nom; Un autre imite aux yeux la trompe ou le clairon; Là c'est une massue, ailleurs une tiare; Celui-ci d'un long peigne offre l'aspect bizarre ; L'autre en boîte de nacre est joint à son rocher; Cet autre est un vaisseau dont le petit nocher, Son instinct pour boussole, et son art pour étoile, Est lui-même le mât, le pilote et la voile. Un autre, moins heureux, sous un toit emprunté, Est contraint de cacher sa triste nudité , Et contre ses rivaux dispute une coquille. Observons des oursins l'épineuse famille , Qui, de longs javelots s'armant de toutes parts, Chemine, au lieu de pieds, sur des milliers de dards, Et, de ses aiguillons dirigeant la piqûre, Atteint ses ennemis , et saisit sa pâture.

LE MÊME. Ibid.

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