‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 385 sur 649 · LA FABLE ET LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

LA FABLE ET LA VÉRITÉ

La Vérité toute nue Sortit un jour de son puits.

Ses attraits par le temps étaient un peu détruits;

Jeune et vieux fuyaient à sa vue.

La pauvre Vérité restait là morfondue, Sans trouver un asile où pouvoir habiter.

A ses yeux vient se présenter

La Fable richement vêtue,

Portant plumes et diamants,

La plupart faux, mais très-brillants.

a Eh ! vous voilà? Bonjour, dit- elle.

Que faites-vous ici seule sur un chemin? » La Vérité répond : a Vous le voyez, je gèle ;

Aux passants je demande en vain

De me donner une retraite; Je leur fais peur à tous. Hélas! je le vois bien ,

Vieille femme n'obtient plus rien. »

« Vous êtes pourtant ma cadette,

Dit la Fable, et, sans vanité,

Partout je suis fort bien reçue.

Mais aussi , dame Vérité,

Pourquoi vous montrer toute nue?

Cela n'est pas adroit. Tenez, arrangeons-nous

Qu'un même intérêt nous rassemble.

Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble:

Chez le sage, à cause de vous,

Je ne serai point rebutée;

A cause de moi , chez les fous

Vous ne serez point maltraitée. Servant par ce moyen chacun selon son goùf, Cràce à votre raison, et grâce à ma folie,

Vous verrez, ma sœur, que partout

Nous passerons de compagnie. »

FLORMR.

Voyez l'article même dan . Marmuulcl.

FABLES

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