‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 393 sur 649 · LES MÉTAMORPHOSES DU SINGE · texte numérisé non relu

LES MÉTAMORPHOSES DU SINGE

Gille, histrion de foire, un jour par aventure,

Trouva sous sa patte un miroir :

Mon singe, au même instant, de chercher à s'y voir. a 0 le museau grotesque! ô la plate figure!

S'écria-t-il; que je suis laid!

Puissant maître des dieux, j'ose implorer tes grâces:

Laisse-moi le lot des grimaces; Je te demande au reste un changement complet. * Jupin l'entend et dit: « Je consens à la chose. Regarde : es-tu content de ta métamorphose ? ^ Le singe était déjà devenu perroquet.

Sous ce nouvel habit mon drôle s'examine, Aime assez son plumage et beaucoup son caquet; Mais il n'a pas tout vu : « Peste ! la sotte mine Que me donne Jupin ; le long bec que voilà! J'ai trop mauvaise grâce avec ce bec énorme :

Donnez-moi vite une autre forme. »

Par bonheur en ce moment-là Le seigneur Jupiter était d'humeur à rire: Il en fit donc un paon ; et cette fois le sire, Promenant sur son corps des yeux émerveillés,

S'enfle, se pavane, et s'admire;

Mais las ! il voit ses vilains pieds;

Et mon impertinente bête A Jupin derechef adresse une requête.

o Ma bonté, dit le dieu , commence à se lasser : Cependant j'ai trop fait pour rester ea arrière, Et vais de chaque état où lu viens de passer

Te conserver le caractère :

Mais aussi plus d'autre prière ; Que je n'entende plus ton babil importun. » A ces mots, Jupiter lui donne un nouvel être.

El qu'en fait-il? Un petit-maître.

Depuis ce temps, dit-on, les quatre ne fon» qu'un -.

Page 1