LE SOMMEIL ET SA COUR
Sous les lambris moussus de ce sombre palais Écho ne répond point, et semble être assoupie. La molle Oisiveté, sur le seuil accroupie, N'en bouge nuit et jour, et fait qu'aux environs Jamais le chant des coqs ni le bruit des clairons Ne viennent au travail inviter la nature. Un ruisseau coule auprès, et forme un doux murmure. Les simples dédiés au dieu de ce séjour Sont les seules moissons qu'on cultive à Pcntour; De leurs fleurs en tout temps sa demeure est semée; H a presque toujours la paupière fermée. Je le trouvai dormant sur un lit de pavots; Les Songes l'entouraient sans troubler son repos ; De fantômes divers une cour mensongère, Vains et frêles enfants d'une vapeur légère, Troupe qui sait charmer le plus profond ennui, Prête aux ordres du dieu , volait autour de lui. Là, cent figures d'air, en leur moule gardées , Là , des biens et des maux les légères idées, ■Prévenant nos destins, trompant notre désir, (Formaient des magasins de peine ou de plaisir. Je regardais sortir et rentrer ces merveilles: Telles vont au butin les nombreuses abeilles, Et tel, dans un Etat de fourmis composé, Le peuple rentre et soit en cent parts divisé 2. ■ la fontaine. OJùwres diverses