‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 417 sur 649 · LA DEESSE AUX VAPEURS ET SA COUR · texte numérisé non relu

LA DEESSE AUX VAPEURS ET SA COUR

TJmbriel à l'instant , vieux gnome rechigné, Va d'une aile pesante , et d'un air renfrogné , Chercher en murmurant la caverne profonde Où, loin des doux rayons que répand l'œil du mondes La déesse aux vapeurs a choisi son séjour : Les tristes aquilons y sifflent à l'entour, Et le souffle malsain de leur aride haleine V porte aux environs la fièvre et la migraine. Sur un riche sofa, derrière un paravent, Loin des flambeaux, du bruit, des parleurs et du ver.! La quinteuse déesse incessamment repose, Le cœur gros de chagrin , sans en savoir la cause, N'ayant pensé jamais, l'esprit toujours troublé, L'œil chargé, le teint pâle, et l'hypocondre enflé. La médisante Envie est assise auprès d'elle, Vieux spectre féminin , décrépite pucelle , Avec un air dévot déchirant son prochain , Et chansonnant les gens, l'Evangile à la main. Sur un lit plein de fleurs négligemment penchée , Une jeune beauté non loin d'elle est couchée : C'est l'Affectation , qui grasseyé en parlant, Ecoute sans entendre , et lorgne en regardant , Qui rougit sans pudeur, et rit de tout sans joie ; De cent maux différents prétend qu'elle est la proie Et pleine de santé sous le rouge et le fard , Se plaint avec mollesse , et se pâme avec art s.

voltaire. Imité de Pope,

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