LE GÉNIE DU DÉSERT
Sur les pas de leur guide errant un jour entier, Les Romains de Tadmor suivent l'obscur sentier. Mercure les conduit sur l'arène enflammée Où s'engloutit naguère une puissante armée , Loin de tous les secours, sans gloire etsans combats. C'est là que les Romains foulent, à chaque pas, Des ossements blanchis , des têtes mutilées. Dépouilles sans honneur de la tombe exilées. Chacun, pâle, muet, s'arrête plein d'horreur;
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Un prodige effroyable augmente la terreur, Quand la sœur d'Apollon , d'une clarté soudaine, Eclaire au loin le dieu de cet affreux domaine. La famine se peint sur ses traits désolés; L'éclair brille en ses yeux d'un sang épais voilés. De son front dans les airs il porte la menace, Et son pied colossal foule l'aride espace. « Détesté sur la terre, et maudit dans les cieux, < Dit-il , je règne ici , morne , silencieux. « Seul, toujours seul , brûlé des feux de la lumière ; « Mon temple est le désert; ma couche, la poussière. « Pour les tristes mortels sinistre objet d'effroi , « Tout ce que je produis est hideux comme moi. « Quel qu'il soit cependant, je défends mon empire. « Titan me conlia le salut de Palmyre. « Et c'est moi qui, jadis, en ces mêmes déserts, t De tant de légions ai vu mes champs couverts. « De mes pièges brûlants partout je vous enlace ; « Mars ne sait plus ici soutenir votre audace. « Romains, tremblez; et toi, superbe Aurélien, « Ta vas suivre aux enfers l'ombre d'Héraclien '. »
En funèbres accents la voix à peine achève, Un tourbillon poudreux autour du dieu s'élève : Sur sa couche embrasée il tombe haletant, Et laisse plein d'effroi le peuple qui l'entend 2. DOB10N. Palmyre conquise t chant il.