‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 422 sur 649 · LA FOLIE ET L'AMOUR · texte numérisé non relu

LA FOLIE ET L'AMOUR

Tout est mystère dans l'Amour, Ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance ■

Ce n'est pas l'ouvrage d'un jour

Que d'épuiser cette science.

Je ne prétends donc point tout expliquer ici. Mon but est seulement de dire, à ma manière.

Comment l'aveugle que voici (C'est un dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière.

« Henri Pussort eut part à la réformalion Je la justice cl a l'abréviation des procès, ordonnées par le roi enlCG7el 1(>70 m. e )

Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un mer;

J'en fais juge un amant, et ne décide rien.

La Folie et l'Amour jouaient un jour ensemble -.

Celui-ci n'é-lait pas encor privé des yeux.

Une dispute vint : l'Amour veut qu'on assemble

Là-dessus le conseil des dieux.

L'autre n'eut pas la patience :

Elle lui donne un coup si furieux,

Qu'il en perd la clarté des cieux ,

Vénus en demande vengeance.

Femme et mère, il suffit pour juger de ses un!» :

Les dieux en furent étourdis ,

Et Jupiter et Némésis, Et les juges d'enfer, enfin toute la bande. Elle représenta l'énormité du cas ; Son fils sans un bâton ne pouvait faire un pas. Nulle peine n'était pour ce crime assez grande. Ce dommage devait être aussi réparé.

Quand on eut bien considéré L'intérêt du public, celui de la partie. Le résultat enfin de la suprême cour

Fut de condamner la Folie

A servir de guide à l'Amour

LA FONTAINE

LA LIBERTIÎ.

Que le chantre flatteur du tyran des Romains, L'auteur harmonieux des douces Géorgiques , Ne vante plus ces lacs et leurs bords magnifiques, Ces lacs que la nature a creusés de ses mains

Dans les campagnes italiques :

Mon lac est le premier; c'est sur ses bords heureux Qu'habite des humains la déesse éternelle , L'âme des grands travaux, l'objet des nobles vœux, Que tout mortel embrasse, ou désire, ou rappelle, Qui vit dans tous les cœurs, et dont le nom sacré Dans les cours des tyrans est tout bas adoré , La Liberté. J'ai vu cette déesse allière, Avec égalité répandant tous les biens , Descendre de Morat en habit de guerrière.9, Les mains teintes du sang des fiers Autrichiens,

Et de Charles le Téméraire.

Devant elle on portait ces piques et ces dards, On traînait ces canons, ces échelles fatales Qu'elle-même brisa , quand ses mains triomphales De Genève en danger défendaient les remparts. Un peuple entier la suit : sa naïve allégresse Fait à tout l'Apennin répéter ses clameurs ; Leurs fronts sont couronnés de ces fleurs'que la Grèce Aux champs de Marathon prodiguait aux vainqueurs. C'est là leur diadème ; ils en font plus de compte Que d'un cercle à fleurons de marquis et de comte. Et des larges mortiers à grands bords abattus , Et de ces mitres d'or aux deux sommets pointus. On ne voit point ici la grandeur insultante

Portant de l'épaule au côté

Un ruban que la vanité

A tissu de sa main brillante ; Ni la fortune insolente Repoussant avec fierté La prière humble et tremblante De la triste pauvreté.

2 BIor.it (Slurtcn), ville de Suisse , fut assiégée en 17G4 par Charles le Téméraire; les Suisses y remportèrent une victoire complète le 22 juin. IN E.) '

ALLÉGORIES

On ne méprise pas les travaux nécessaires-. Les étals sont égaux , et les hommes sont frères.

VOLTA1HE

l'hypocrisie.

Humble au dehors, modeste en son langage, L'austère honneur est peint sur son visage. Dans ses discours règne l'humanité, La bonne foi , la candeur, l'équité.

Un miel flatteur sur ses lèvres distille ; Sa cruauté parait douce et tranquille ; Ses vœux au ciel semblent tous adressés ; Sa vanité marche les yeux baissés.

Le zèle ardent masque ses injustices, Et sa mollesse endosse les cilices.

j.-broussbau.

Loin du faste de Rome et des pompes mondaines Des temples consacrés aux vanités humaines , Dont l'appareil superbe impose à l'univers, L'humble Religion se cache en des déserts: Elle y vil avec Dieu dans une paix profonde; Cependant que son nom, profané dans le monde, Est le prétexte saint des fureurs des tyrans, Le bandeau du vulgaire, et le mépris des grands ! Souffrir est son destin , bénir est son partage : Elle prie en secret pour l'ingrat qui l'outrage. Sans ornement, sans art, belle de ses attraits, Sa modeste beauté se dérobe à jamais Aux hypocrites yeux de la foule importune Qui court à ses autels adorer la fortune ».

voltaire. Henriade, ch. IV.

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