AUX ENFANTS DES SOUVERAINS
Aux fils des souverains je consacre mes sons : Venez, princes, nos champs vous offrent des leçons. Jadis des dieux bergers foulaient les fleurs champêtres; Un trône de gazon vous attend sous des hêtres; Vous porterez un jour le doux nom de pasteur; Ce nom est pour un roi le nom le plus flatteur ; Des devoirs qu'il impose aimez à vous instruire; Le ciel dans ses décrets vous réserve à conduire Un troupeau qui , docile aux lois de ses bergers , Ne s'égare j amais sur des bords étrangers. Il est dans nos hameaux des Socrates champêtres : «Les rois, vous diront-ils, sontplus pères que maîtres; Le premier trône était un gazon façonné, Et le premier monarque an pasteur couronné. La douceur du berger, ses soins, sa vigilance , Sont les devoirs des rois au sein de leur puissance; Trop heureux s'ils goûtaient la paix que nous goûtons! » Venez, princes, nos champs vous offrent des leçons, De fertiles guérets , de riants paysages , Les moutons bondissants sur de gras pâturages ; Des muses de nos bois les paisibles combats Traceront à vos yeux l'image des États, De ces Étals heureux qui bravent l'indigence, Où les arts, les plaisirs, naissent de l'abondance La richesse du peuple est le trésor des rois, Qu'elle soit et le but et le prix de vos lois. La Seine coulera sur les rives de l'Ébre, Lorsque nous oublirons ce monarque célèbre Qui jusqu'à nos hameaux abaissa sa bonté : Henri voulut bannir la dure pauvreté Des champêtres repas que Thestylis ' apprête, Et de ses tendres soins marquer nos jours de fêle. Henri vit dans nos cœurs, il vit dans nos chansons; Venez, princes, nos champs vous offrent des lççons Le cristal de nos eaux est un miroir fidèle, Il forme des objets l'image naturelle; Aux rois comme aux bergers il ose reprocher Les défauts qu'un flatteur sait parer ou cacher. Vous le consulterez aux bords d'une onde pure; Vous y verrez du vrai la naïve peinture.
Nom de paysanne dans ThCocrUe et dans Virgile. (IV R,
OU PHILOSOPHIE PRATIQUE
On dit que ce spectacle est des rois peu connu ; Rien ne s'offre à leurs yeux sous un air ingénu. Telle qu'est à la cour une jeune bergère, Qui se cache, rougit près du trône étrangère, L'aimable Vérité tremble devant les rois; Timide, embarrassée, elle fuit dans nos bois, Et revient parmi nous dissiper ses alarmes. Parmi nous on apprend à respecter ses charmes; Elle pare nos mœurs , préside à nos chansons. Venez, princes, nos champs vous offrent des leçons. le pasteur qui prétend au titre heureux de sage, Eloigne les périls du troupeau qu'il ménage; Son paisible bercail , inaccessible aux loups, N'en redoute jamais l'homicide courroux.
Les bergères de fleurs couronnent sa houlette, Et pour lui les bergers réveillent leur musette. Satisfait de ses champs , il borne ses desseins A maintenir la paix dans les hameaux voisins. Mais pourquoi vous tracer cette image rustique? La France vous présente un héros pacifique * Qui des bergers du Nord assure le repos , Et règle le destin de leurs divers troupeaux; On le nomme partout le dieu des bergeries. Pour orner ses autels, sur nos rives chéries Nous cueillerons des fleurs dans toutes les saisons. Venez, princes, nos champs vous offrent des leçons. Croissez parmi nos vœux mêlés à notre hommage , Souffrez encor nos airs : les vertus de votre âge, Ses grâces, sa candeur, biens nés dans les hameaux, Sont réservés aux sons des simples chalumeaux. Ils viendrontees beaux jours où, sur des tons sublimes, La lyre chantera vos vertus magnanimes; Par la gloire conduits sur les pas des Bourbons, Vos exemples aux rois serviront de leçons.
te p. lombard, jésuite.
l'éducation des filles.
Ce sont les arls qui font le charme de la vie, Kl par eux une femme est toujours embellie. Votre sexe avec nous peut bien les partager, Hien d'aimable ne doit lui rester étranger. 11 est doux de trouver dans une épouse chère Des arts consolateurs qui sachent nous distraire, De pouvoir, sans quitter son modeste séjour, Se reposer le soir des fatigues du jour. Ayez clone des talents: Mais il est nécessaire Qu'on en fasse un plaisir, et non pas une affaire. Chacun veut aujourd'hui briller, voilà le mal! Ce vice est parmi nous devenu général; Il est dans tous les rangs. Le marchand le plus mince Elève ses enfants comme des fils de prince; Sa fille, qu'en tous lieux il se plaît à vanter, N'entend rien au ménage , et ne sait pas compter ; En revanche elle fait des vers , de la musique, Et l'on trouve un piano... dans l'arrière-boutiquc. Casimir bonjour. L'Éducation, ou les Deux Cousines, act. m, se. x
AIDONS-NOUS MUTUELLEMliINT.
Dans nos jours passagers de peines, de misères , niants d'un même Dieu, vivons du moins en frères ;
i t.ouis xv.
« Iftf, vaisseau, «lu latin Ifavtt. (n. t.)
Aidons-nous l'un et l'autre à porter nos fardeaux; Nous marchons tous courbés sous le poids de nos maux; Mille ennemis cruels assiègent notre vie , Toujours par nous maudite, et toujours si chérie. Quelquefois, dans nos jours consacrés aux douleurs, Par la main du plaisir nous essuyons nos pleurs; Mais le plaisir s'envole , et passe comme une ombre : Nos chagrins, nos regrets, nos perles sonlsans nombre. Notre cœur égaré, sans guide et sans appui , Est brûlé de désirs, ou glacé par l'ennui. Nul de nous n'a vécu sans connaître les larmes. De la société les secourables charmes Consolent nos douleurs au moins quelques instants; Remède encor trop faible à des maux si constants. Ah ! n'empoisonnons pas la douceur qui nous reste. Je crois voir des forçats , dans leur cachot funeste, Se pouvant secourir, l'un sur l'autre acharnés , Combattre avec les fers dont ils sont enchaînés.