‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 45 sur 649 · DIGNITÉ DE L'HOMME; EXCELLENCE DE SA NATURE · texte numérisé non relu

DIGNITÉ DE L'HOMME; EXCELLENCE DE SA NATURE

L'homme a la force et la majesté ; les grâces et la beauté sont l'apanage de l'autre sexe.

Tout annonce dans tous deux les maîtres de la ferre ; tout marque dans l'homme, même à lexléricur , sa supériorité sur tous les êtres vivants ;

il se soutient droit et élevé ; son attitude est celle du commandement ; sa tête regarde le ciel , et présente une face auguste sur laquelle est imprimé le caractère de sa dignité ; l'image de l'âme y est peinte par la physionomie; l'excellence de sa nature perce à travers les organes matériels, et anime d'un feu divin les traits de son visage ; son port majestueux , sa démarche ferme et hardie , annoncent sa noblesse et son rang ; il ne touche à la terre que par ses extrémités les plus éloignées, il ne la voit que de loin , et semble la dédaigner ; les bras ne lui sont pas donnés pour servir de piliers, d'appui à la masse du corps ; sa main ne doit pas fouler la terre , et perdre, par des frottements réitérés, la finesse du toucher dont elle est le principal organe ; le bras et la main sont faits pour servir à des usages plus nobles , pour exécuter les ordres de la volonté, pour saisir les choses éloignées, pour écarter les obstacles, pour prévenir les rencontres et le choc de ce qui pourrait nuire , pour embrasser et retenir ce qui peut plaire , pour le mettre à portée des autres sens. Lorsque l'âme est tranquille , toutes les parties du visage sont dans un état de repos : leur proportion , leur union, leur ensemble, marquent encore assez la douce harmonie des pensées , et répondent au calme de l'intérieur; mais, lorsque l'âme est agitée , la 'face humaine devient un tableau vivant , où les passions sont rendues avec autant de délicatesse que d'énergie , où chaque mouvement de l'âme est exprimé Dar un trait, chaque action par un caractère dont l'impression vive et prompte devance la volonté, nous décèle, et rend au dehors, par des signes pathétiques, les images de nos secrètes agitations.

C'est surtout dans les yeux qu'ellesse peignent, et qu'on peut les reconnaître ; l'œil appartient à l'âme plus qu'aucun autre organe ; il semble y toucher , et participer à tous ses mouvements ; il en exprime les passions les plus vives et les émotions les plus tumultueuses , comme les mouvements les plus doux et les sentiments les plus délicats; il les rend dans toute leur force, dan» toute leur pureté , tels qu'ils viennent de naître ; il les transmet par des traits rapides qui portent

dans une autre âme le feu , l'action , l'image de celle dont ils partent; l'œil reçoit et réfléchit en même temps la lumière de la pensée et la chaleur du sentiment ; c'est le sens de l'esprit et la langue de l'intelligence.

bdffon. Histoire naturelle.

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