‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 463 sur 649 · LA FILLE DE JEPHTE · texte numérisé non relu

LA FILLE DE JEPHTE

La nuit même, à l'instant où dans les cœurs mortels Le sommeil a versé l'oubli des maux cruels, Seule , veille et s'afflige une vierge éplorée , Seule, au fond du désert, triste, pâle, é De sa voix gémissante à l'écho des forêts Elle conte en ces mots sa peine et ses regrets :

a La jeune vigne en paix boit les feux de l'aurore, Le palmier verdoyant ne craint point de périr; La îleur même vivra plus d'un matin encore, Et moi , je vais mourir!

a Mes compagnes, un jour, au nom sacré de mère, En secret tressaillant d'orgueil et de plaisir, Verront sourire un fils aussi beau que son père , Et moi , je vais mourir!

[dresse, a Aux auteurs de leurs jours prodiguant leur ten- Sous le fardeau des ans s'ils viennent à fléchir, Elles seront l'appui de leur faible vieillesse, Et moi, je vais mourir!

a Toi qui des cieux entends une vierge plaintive , Vois les pleurs de mon père, et daigne les tarir; Donne-lui tous les jours dont ta rigueur me prive, Et je saurai mourir. »

e.-L. mollevault. chants sacrés, liv. n.

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