‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 512 sur 649 · MAYENNE ET D AUMALE · texte numérisé non relu

MAYENNE ET D AUMALE

Mayenne, dès longtemps nourri dans les alarmes, Sous le superbe Guise avait porté les armes. 11 succède à sa gloire, ainsi qu'à ses desseins; Le sceptre de la Ligue a passé dans ses mains. Cette grandeur sans borne, à ses désirs si chère, Le console aisément de la perte d'un frère. Il servait à regret; et Mayenne aujourd'hui Aime mieux le venger que de marcher sous lui. Mayenne a, je l'avoue 4, un courage héroïque; 11 sait, par une heureuse el sage politique, Réunir sous ses lois mille esprils différents,

de la Ligue , se reconcilia avec Henri IV, après la reddition de Paris, il mourut à Soissons eu 1611. Le duc d'Aumale fut un des plus chauds partisans de la Ligue ; il persista toujours dans sa ré voile contre le roi ; il quitta la France cl mourut A Uruxellcs en 159t. (.N. E.)

ET PARALLELES

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Ennemis de leur maître, esclaves des tyrans : Il connaît leurs talents , il sait en faire usage ; Souvent du malheur même il tire un avantage. Guise, avec plus d'éclat éblouissant les yeux , Fut plus grand, plushéros, mais non moins dangereux. Voilà quel est Mayenne , et quelle est sa puissance. Autant la Ligue altièrc espère en sa prudence, Autant le jeune Aumale, au cœur présomptueux, Répand dans les esprits son courage orgueilleux. D'Aumale est du parti le bouclier terrible; Il a jusqu'aujourd'hui le titre d'invincible : Mayenne, qui le guide au milieu des combats, Est l'âme de la Ligue, et l'autre en est le bras.

LK MÊME. lbid.

Quand il r fut descendu vers ce triste hémisphère, Pour y trouver un sage il regarda la terre; Il ne le chercha point dans ces lieux révérés, A l'étude, au silence, au jeûne consacrés : Il alla dans Ivry. Là , parmi la licence Où du soldat vainqueur s'emporte l'insolence, L'ange heureux des Français fixa son vol divin Au milieu des drapeaux des enfants de Calvin. Il s'adresse à Mornai : c'était pour nous instruire Que souvent la raison suffit à nous conduire, Ainsi qu'elle guida, chez les peuples païens, Marc-Aurèle, ou Platon , la honte des chrétiens. Non moins prudent ami que philosophe austère, Mornai sut l'art discret de reprendre et de plaire. Son exemple instruisait bien mieux que ses discours: Les solides vertus furent ses seuls amours. Avide de travaux, insensible aux délices, Il marchait d'un pas ferme au bord des précipices. Jamais l'air de la cour et son souffle infecté N'altéra de son cœur l'austère pureté.

Belle Arélhuse, ainsi ton onde fortunée Roule, au sein furieux d'Amphitrite étonnée, Un cristal toujours pur, et des flots toujours clairs, Que jamais ne corrompt l'amertume des mers 2.

LE MÊME, lbid., Ctl. IX.

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