ELISABETH ET L'ANGLETERRE
Sur ce sanglant théâtre où cent héros périrent, Sur ce trône glissant dont cent rois descendirent, Une femme, à ses pieds enchaînant les destins, De l'éclat de son règne étonnait les humains. C'était Elisabeth , elle dont la prudence De l'Europe à son choix fit pencher la balance, Et fit aimer son joug à l'Anglais indompté, Qui ne peut ni servir, ni vivre en liberté. Ses peuples sous son règne ont oublié leurs pertes; De leurs troupeaux fécondsleurs plaines sont cou vertes Les guérets de leurs blés, les mers de leurs vaisseaux ; Ils sont craints sur la terre, il s sont rois sur les eaux: Leur flotte impérieuse, asservissant Neptune , Des bouts de l'univers appelle la fortune. Londres, jadis barbare, est le centre des arts, Le magasin du monde, et le temple de Mars. Aux murs de\Vestminster'>on voit paraître ensemble, Trois pouvoirs étonnés du nœud qui les rassemble, Les députés du peuple , et les grands , et le roi , Divisés d'intérêt, réunis par la loi ; Tous trois membres sacrés de ce corps invincible, Dangereux à lui-même , à ses voisins terrible. Heureux lorsque le peuple, instruit dans son devoir, Respecte autant qu'il peut le souverain pouvoir! Plus heureux lorsqu'un roi doux, juste et politique, Respecte autant qu'il doit la liberté publique!
LEMÊMR. JMrf., Cil. I".
en 1585; il prit alors le nom de Sixte-Quint, et mourut en 1590, âge de 69 ans. | H. E.) ^
4 Le roi nenri II. Catherine de Jlédicis naquit à Florence en 1519; ce fut en grande partie parles conseils de rot le princesse astucieuse que l'horrible massacre de la Saint-Rarihélemy fut ordonne. Elle mourut en 1589. (Pi. E.J
s L'ancienne abbaye de Westminster, qui dépend de Londres,était le lieu des séances du parlement anglais. L'n in-» ccndiccn a consumé une partie en 1835. (.X. E-)
CARACTÈRES OU PORTRAITS
Quel est donc ce mortel si fier et si terrible? S'écria le héros : sa hauteur inflexible Semble braver les rois troublés à son aspect; Il m'inspire à la fois l'horreur et le respect. Quel est-il? — C'est Cromwell, répliqua la déesse : Mélange redoutable et de force et d'adresse , Assassin de son roi , tyran de ses égaux , On le vit dans sa marche écraser ses rivaux Par le poids de sa gloire et de sa renommée , Le roi par le sénat, le sénat par l'armée, Les chefs par les soldats ; clans ses grands mouvements, Employer tour à tour, briser ses instruments, Souffler le fanatisme, en maîtriser la rage, Et par la liberté mener à l'esclavage.
Quand le roi, le sénat, les grands furent proscrits, Vainqueur, il resta seul debout sur des débris : Son despotisme alors sortit de l'anarchie; Mais, des divisions l'Angleterre affranchie , Sous ce maître imposant reprit de la splendeur; Il ennoblit son crime à force de grandeur, Roi plus habile encor que sujet redoutable, Le plus grand des mortels, s'il n'est le plus coupable '. THOMAS. Pêtrêide.