‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 542 sur 649 · LE NÉGOCIANT · texte numérisé non relu

LE NÉGOCIANT

Sans place, dites-moi , vous ne pourriez donc vivre? Mais , pour vouloir ainsi rester au gouvernail , Avec l'État, messieurs, avez-vous passé bail ? Nous autres commerçants, nous ne pouvons comprendra Un travers, qui parait de jour en jour s'étendre. Tout le monde veut vivre aux dépens de l'Etat! On veut être commis , officier, magistrat ; On veut des traitements avoir le privilège. Qu'un jeune homme ait, dix ans, dans le fond d'urrcollégi Mis du noir sur du blanc, il semble que le roi Soit chargé de son sort et lui doive un emploi. Si le gouvernement suivait cette tendance , Les administrateurs de notre pauvre France , En se multipliant tous les jours par degrés, Deviendraient plus nombreux., .que les administrés. Je suis très-juste, moi , pour les fonctionnaires ; Les gens qui dans l'Etat , rouages nécessaires , Occupent des emplois , j'en fais beaucoup de cas... Mais j'estime encor plus les gens qui n'en ont pas. Se livrer au commerce , enrichir sa patrie , Exister par soi-même et par son industrie, C'est le sort le plus beau !... Dans l'état social , Le bien particulier fait le bien général. Rien n'est seul , tout se tient , la richesse est féconde; Qui sert ses intérêts sert ceux de tout le monde. Moi, qui nourris deux mille ouvriers tous les ans, Moi , dont la signature a cours depuis longtemps En Allemagne, en Prusse, en Suède, en Angleterre, * Moi, de qui les produits courent l'Europe entière. J'ai l'orgueil de penser, messieurs, que je vaux bien Tel autre qui consomme et qui ne produit rien.

CASIMIR bonjour. Le Prolecteur et Iz Mari, act. 1er, se. VI.

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