‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 543 sur 649 · LE CHATELAIN · texte numérisé non relu

LE CHATELAIN

De tout usage antique amateur idolâtre, De toute nouveauté frondeur opiniâtre ; Homme d'un autre siècle, et ne suivant en tout, Pour ton qu'un vieux honneur, pour loi que le vieux goul Cerveau des plus bornés qui , tenant pour maxime Qu'un seigneur de paroisse est un être sublime. Vous entretient sans cesse, avec stupidité, De son banc2, de ses soins et de sa dignité. On n'imagine pas combien il se respecte :

■i Du liane separc qu'il occupe a l'église en qualité de se" sueur du villaye. (N. £■)

Ivre de son château dont il est l'architecte,

De tout ce qu'il a fait sottement entêté ,

Possédé du démon de la propriété ,

Il réglera pour vous son penchant ou sa haine

Sur l'air dont vous prendrez tout son petit domaine.

D'abord, en arrivant, il faut vous préparer

A le suivre partout, tout voir, tout admirer,

Son parc, son potager, ses bois, son avenue;

M ne vous fera pas grâce d'une laitue.

gresset. Le Méchant , act. il, se. vu.

LE D1SPUTEUR.

Auriez-vous, par hasard, connu feu monsieur d'Aube Qu'une ardeur de dispute éveillait avant l'aube? Contiez-vous un combat de votre régiment , Il savait mieux que vous où, contre qui, comment. Vous seul en auriez eu toute la renommée , N'importe, il vous citait ses lettres de l'armée; Et, Richelieu présent, il aurait raconté Ou Gênes défendue, ou Manon emporté *.

D'ailleurs homme de sens, d'esprit et de mérite, Mais son meilleur ami redoutait sa visite. L'un, bientôt rebuté d'une ^aine clameur, Gardait, en l'écoutant, un silence d'humeur. J'en ai vu, dans le feu d'nne dispute aigrie, Près de l'injurier, le quitter de furie; Et, rejetant la porte à son double battant, Ouvrir à leur colère un champ libre en sortant. Ses neveux, qu'à sa suite attachait l'espérance, Avaient vu dérouter toute leur complaisance... Un voisin asthmatique, en l'embrassant un soir, Lui dit : « Mon médecin me défend de vous voir. » Et, parmi cent vertus, celte unique faiblesse Dans un triste abandon réduisit sa vieillesse. Au sortir d'un sermon la fièvre le saisit, Las d'avoir écouté sans avoir contredit. Et tout près d'expirer, gardant son caractère, Il faisait disputer le prêtre et le notaire. Que La bonté divine, arbitre de son sort, Lui donne le repos que nous rendit sa mort , Si du moins il s'est tu devant ce grand arbitre ! rulhière. Les Disputes.

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