‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 553 sur 649 · LE MÉDISANT · texte numérisé non relu

LE MÉDISANT

La rage de médire est une impertinence; Dans notre vanité ce défaut prend naissance. Du bonheur du prochain le tableau jroiis aigrit; Le désir de briller, de montrer de l'esprit, Vous met à la merci des oisifs d'une ville, Et vous n'êtes méchant que pour paraître habile. Mais que vous revient-il de ces fâcheux éclats? On vous flatte tout haut, on vous blâme tout bas; Vos bons mots quelquefois font rire la sottise, Mais toujours l'honnête homme en secret vous méprise; Il vous fuit : il vous voit, à sa perte attaché, Lancer souvent le trait d'un perlide caché,

CARACTÈRES OU 1X)KTRAITS,

Insulter en riant nos mères et nos filles , Détruire par un mot le bonheur des familles, Et pour un jeu d'esprit , fruit de la vanité , Condamner l'innocence, et flétrir la beauté. Rien n'est sacré pour vous, et la reconnaissance N'a jamais enchaîné l'affreuse médisance. Dès qu'un homme est atteint de ce fatal penchant, Il est tout glorieux de paraître méchant; Nos chagrins sont pour lui de légers badinages; Il s'amuse des pleurs, il sourit des outrages ; Pour un plaisir cruel , et qui dure un moment, L'honneur et l'amitié lui parlent vainement. Les médisants enfin sont une affreuse peste , Qu'un homme de bon sens blâme, fuit, et déteste. gosse. Le Médisant, act. 1er, se. xiv.

Page 1