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LE VAISSEAU LE VENGEUR

Trahi par le sort infidèle, Comme un lion pressé de nombreux léopards, Seul au milieu de tous , sa fureur étincelle ;

Il les combat de toutes parts.

L'airain lui déclare la guerre ; Le fer, l'onde, la flamme entourent ses héros. Sansdouteilstnomphaienl;maisleurderniertonnerre

Vient de s'éteindre dans les flots.

Captifs, la vie est un outrage :

Ils préfèrent le gouffre à ce bienfait honteux. L'Anglais, en frémissant, admire leur courage,"

Albion pâlit devant eux.

Plus fiers d'une mort infaillible , Sans peur, sans désespoir, calmes dans leurs combats, De ces républicains l'âme n'est plus sensible

Qu'à l'ivresse d'un beau trépas.

Près de se voir réduits en poudre, Ils défendent leurs bords enflammés et sanglants. Voyez-les défier et la vague et la foudre,

Sous des mâts rompus et brûlants.

Voyez ce drapeau tricolore, Qu'élève en périssant leur courage indompté ; Sous le Ilot qui les couvre, entendez-vous encore

Ce cri : Vive la liberté!

Ce cri... c'est en vain qu'il expire, Étouffé par la mort et par les flots jaloux ; Sans cesse il revivra répété par ma lyre;

Siècles, il planera sur vous!

Et vous, héros de Salamine, Dont Thétis ' vante encor les exploits glorieux , Non, vous n'égalez point cette auguste ruine,

Ce naufrage victorieux.

E. D. LKUIIUN.

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