‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 626 sur 649 · MADAME DESH0UL1ÈRES A SES ENFANTS · texte numérisé non relu

MADAME DESH0UL1ÈRES A SES ENFANTS

Dans ces prés fleuris Qu'arrose la Seine, Cherchez qui vous mène, Mes chères brebis :

J'ai fait, pour vous rendre Le destin plus doux, Ce qu'on peut attendre D'une amitié tendre; Mais son long courroux Détruit, empoisonne Tous mes soins pour vous , Et vous abandonne Aux fureurs des loups.

Seriez-vous leur proie, Aimable troupeau!

Vous , de ce hameau L'honneur et la joie, Vous qui , gras et beau , Me donniez sans cesse Sur l'herbette épaisse Un plaisir nouveau !

Que je vous regrette!

Mais il faut céder; Sans chien , sans houlette , Puis-je vous garder?

L'injuste fortune Me les a ravis.

En vain j'importune Le ciel par mes cris ; Il rit de mes craintes , Et , sourd à mes plaintes , Houlette, ni chien, 11 ne me rend rien.

Puissiez-vous , contentes, Et sans mon secours, Passer d'heureux jours , Brebis innocentes, Brebis mes amours !

Que Pan 2 vous défende, Hélas ! il le sait ; Je ne lui demande Que ce seul bienfait.

Oui, brebis chéries, Qu'avec tant de soin J'ai toujours nourries, Je prends à témoin Ces bois , ces prairies , Que si les faveurs Du dieu des pasteurs Vous gardent d'outrages. Et vous font avoir Du matin au soir De gras pâturages ;

'Elle C-tait veuve

J'en conserverai Tant que je vivrai La douce mémoire, Et que mes chansons En mille façons Porteront sa gloire Du rivage heureux Où , vif et pompeux , L'astre qui mesure Les nuits et les jours, Commençant son cours, Bend à la nature Toute sa parure , Jusqu'en ces climats Où, sans doute, las D'éclairer le monde, Il va chez Thétis Ballumer dans l'onde Ses feux amortis.

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