‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 627 sur 649 · LE MONTAGNARD ÉMIGRÉ · texte numérisé non relu

LE MONTAGNARD ÉMIGRÉ

Combien j'ai douce souvenance

Du joli lieu de ma naissance!

Ma sœur, qu'ils étaient beaux ces jours

De France !

0 mon pays, sois mes amours

Toujours.

Te souvient-il que notre mère Au foyer de notre chaumière Nous pressait sur son sein joyeux?

Ma chère !

Et nous baisions ses blonds cheveux

Tous deux.

Ma sœur, te souvient-il encore Du château que baignait la Dore , Et de celte tant vieille tour

Du More, Où l'airain sonnait le retour

Du jour?

Te souvient-il ou lac tranquille Qu'effleurait l'hirondelle agile, Du vent qui courbait le roseau

Mobile, Et du soleil couchant sur l'eau

Si beau?

Te souvient-il de celle amie, Douce compagne de ma vie?

Le roi Louis XIV.

MORCEAUX LYRIQUES

Dans les bois , en cueillant la fleur

Jolie, Hélène appuyait sur mon cœur

Son cœur.

Oh ! qui me rendra mon Hélène , Et ma montagne et le grand chêne?

Leur souvenir fait tous les jours

Ma peine :

Mon pays sera mes amours

Toujours!

Page 1