CHAPITRE pr
MATHURIM REGNIER
SoMiTAiRB. — Les éditions nouvelles de Mathurin Régnier. — Les Stances au Roy du cardinal Du Perron et les imitations de Régnier. — Le ton de la nouvelle école. — Trait d*unibn entre la Pléiade et les poètes du siècle de Louis XIY. — Régnier disciple et imitateur de Ronsard. — Influence de Montaigne sur Régnier. — Passages des Essais imités dans les Satyres, — L'Hospital et Sully. — - Annotations. — Les imitations des poètes grecs. — Passage altéré : confusion de t et den; correction. — Autre passage altéré : confusion de p et de/; correction. — Méthode de critique verbale. Utilité des observations paléograpbîques. — Les scribes et l'écriture du seizième et du dix<^eptiôme siècle. — Habitudes typographiques. — Annotations diverses. — Passage altéré ; correction ; confusion de d et de //. — Passage douteux; conjecture. — La Batrachomyomachie à propos d'une formule de salutation. — Régnier copie Ronsard. — Pléonasme ; rencontre de De Brach, Régnier et Boileau. — Ronsard et Hésiode. — Passage corrompu restitué; anacoluthe cause d'erreur. — Passage corrompu. — Les belles femmes comparées à des peintures ou à des statues. — Confusion d'r et de i; restitution du texte.
On a publié ou réimprilné, en ces derniers temps, plusieurs éditions des poésies de Mathurin Régnier; chacune d'elle a ses mérites, mais, depuis celle de M. Viollet Le Duc, on ne paraît pas avoir songé à compléter le commentaire de Brossette qui laisse subsister d'assez nombreuses lacunes, soit dans les rapprochements littéraires, soit dans les explications ou les corrections du texte. Régnier cependant est un des auteurs qui ont le plus besoin d'un commentaire exégétique et critique, et comme, selon toute apparence, on songera bientôt à donner de ses œuvres une édition très soignée (accuratissimam)^ je viens offrir par avance mon tribut, bien
aise de caser ainsi mes notules, en dégageant peu à peu mon exemplaire des petits papiers que j'y intercale depuis longtemps, et qui font gémir misérablement son dos tendu et ses plats boursouflés (^).
Il y a quelques années, en feuilletant un recueil manuscrit du seizième siècle (*), où se trouvait la première rédaction de Fépitaphe latine de Michel de Montaigne ('), je rencontrai une belle copie des Stances au Ray du cardinal Du Perron (♦).
Ces vers, que je ne connaissais pas encore, rappelaient invinciblement à mon souvenir d'autres vers que j'avais lus ailleurs; et bientôt, prenant en main un Régnier, je pus constater que le neveu de Desportes avait, pour une ou deux de ses pièces, fait de nombreux emprunts au cardinal-poète.
Nulle publication, à ma connaissance, n'ayant noté ce fait, je rapporterai ici les vers de Du Perron, d'après la copie manuscrite qui corrige heureusement diverses leçons fautives des imprimés (^). On trouvera en note les passages de Régnier qui ont avec ces stances des
rapports de pensée ou de forme.
(*) Je ferai particulièrement usage de Tédition de Viollet Le Duc (Paris, 1822), où les vers sont numérotés, mais en collationnant au besoin son texte avet celui des éditions de MM. de Barthélémy (1862), P. Janet (1867), et Courbet (1869).
(*) G*est un gros in-i**, contenant particulièrement des productions de Godefroy de Malvin, conseiller au Parlement de Bordeaux. Ce volume fait partie de la bibliothèque de M. Jules Delpit, à Tobligeance de qui j'en dus la communication.
(>) Voir mes Lettres au D^ Payen sur Vauteur des Épitapkes de Montaigne^ p. 24.
{*) Cette copie ne porte que le seul titre : Au Roy, sans mention d*auteur.
C) Je donnerai les variantes de Timprimé d'après l'édition des Œuvres de Du Perron, Paris, 1622, in-folio.