‹ Leçons nouvelles et remarques sur le texte de divers auteursChapitre 7 sur 11 · V. 67-84. Régnier [Epistre I · texte numérisé non relu

V. 67-84. Régnier [Epistre I

Malgré tes ennemis

Puisse estre à ta grandeur le destin si propice Que ton cœur de leurs traits rebouche la malice ! Et s'armant contre toy, puisses tu d'autant plus De leurs' efforts dompter le flus et le reflus.... Et, brave, t'eslevant par dessus les dangers, Estre l'amour des tiens, l'effroy des estrangers!,,. Tu ressentes d*ardeur ta vieillesse eschauffée. Voyant tout Vunivers nous servir de trophée.... Puis, n'estant plus icy chose digne de toy.

Ton fils du monde entier restant paisible roy. Sur tes modelles saincts et de paix et de guerre Il régisse, puissant en justice, la terre.

Seul absolu monarque et dernier conquérant

Les fins de Tunivers pour bornes de la France I so

Puis, lors puissent tes bras, de trop vaincre lassés, Enchaîner pour jamais l'idole de la guerre, Bendant par tes hauts faicts Pun sur l'autre entassés Ta gloire esgale au ciel, ton empire à la terre I 84

Aux vers de Régnier que j'ai transcrits en note comme imités de Du Perron, j'aurais pu joindre d'autres rapprochements (^) relatifs aux procédés phraséologiques les plus familiers à ce dernier. Je ne citerai qu'un seul exemple facilement appréciable. On a remarqué peut-être dans ces stances les oppositions produites par le rapprochement dans le même vers de formes simples et de formes composées ; Du Perron a dit au vers 32 :

Rendant par ta vertu Vimpossible possible;

et au vers 43 :

Et dompte avec les yeux ton esprit indompté.

Eh bien ! Régnier ne sait pas résister à l'effet de ces vers scintillants, il est fasciné par le mirage, et il dit aussitôt lui-même, dans celte première satire que nous avons souvent citée (v. 57)':

Ne pouvant le fini joindre Vinfinité.

Du reste, il faut le remarquer, cette allure du vers,

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