Leçons orales de clinique chirurgicale
L’usage de publier les leçons que font les professeurs dans les diverses Facultés, est devenu trop général depuis plusieurs années, soit en France, soit à l’étranger, et les avantages qui en résultent pour l’instruction des élèves et des jeunes médecins, sont trop évidents pour que nous n’ayons pas saisi avec empressement l’occasion de recueillir et de faire paraître celles d’un des professeurs les plus distingués de la Faculté de médecine de Paris. L’importance des faits observés à l’hôpital de la Charité, dont le principal service chirurgical est confié à M. Velpeau, sa manière de les présenter, de les interpréter et de les discuter, le développement d’idées tout à fait neuves, les applications nombreuses qu’il en fait au diagnostic et au traitement des maladies dites chirurgicales , les modifications qu’il a apportées à ce traitement, suffisent sans doute pour donner beaucoup de prix à ces leçons. On connaît la vaste érudition de ce professeur; aussi aucun nom ne se trouve omis dans l’examen comparatif qu’il fait des doctrines, des méthodes et procédés des auteurs anciens, modernes ou contemporains; celui de l’homme de l’art le plus éminent, comme celui du médecin le plus obscur ou de l’élève auteur de la plus simple invention ou de la modification la plus légère, s’y trouvent également cités. Cette bonne foi scientifique, cette heureuse impartialité d’esprit, existant au plus haut point chez M. Velpeau, ne lui permettent pas de vanter ou de déprécier un procédé, non parce cpi’il est bon ou mauvais, mais parce que son inventeur porte tel ou tel nom, et l’obligent à accueillir et à proclamer le bien et l’utile, de quelque part qu’il vienne. L’école chirurgicale de la Charité présente donc toutes les garanties possibles poxir acquérir une instruction solide et dégagée de tout préjugé.
Auditeurs assidus de M. Velpeau depuis quelques années, nous avons recueilli avec soin et rédigé ses leçons, et nous lui avons demandé son assentiment à leur publication; loin de nous refuser, M. Velpeau, qui nous honore depuis longtemps