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supérieur ou de tout le bord postérieur de l’omoplate, et l’écartement plus ou moins manifeste de la partie de l’épine vertébrale, m’ont semblé mériter dans la pratique une attention qu’aucun auteur, excepté M. Sédillot, ne leur a donnée jusqu’ici.
Je vous ai parlé d’un craquement particulier qui se rencontre dans la luxation sous-scapulaire. Ce signe existe aussi quelquefois dans la luxation sous-claviculaire; mais on ne l’observe pas dans les luxations sous-pectorales. Ce bruit est parfois très-fort. Pour le bien entendre ou le bien sentir, il faut embrasser à pleine main le sommet de l’épaule, en appuyant sur l’acromion, pendant que de l’autre main on imprime des mouvements un peu brusques de rotation et de refoulement au bras. Pouvant faire naître l’idée d’une fracture du col anatomique ou chirurgical de l’humérus, de la clavicule, de l’apophyse coracoïde ou de l’omoplate, ce symptôme doit être étudié avec soin. Tout ce que j’en puis dire, c’est qu’au lieu des caractères de la crépitation fine ou sonore d’un os brisé, il a quelque chose de sourd, de profond, du croquant des cartilages, qui indique que deux corps durs et bosselés glissent l’un sur l’autre.
Obs. IV. — Chute dans un escalier. — Luxation sous- scapulaire droite. — Craquement des surfaces articulaires simulant la fracture du col de l’humérus. — Allongement du bras luxé de trois lignes le premier jour de l’examen du bras. — Disparition de cet allongement le lendemain.— -Michot Suzanne, àgéede soixante-cinq ans, marchande, d’une bonne constitution, fit, le 20 juin 1853, une chute dans un escalier, sans savoir précisément comment était placé son bras droit, qui depuis ce moment resta douloureux dans son articulation avec l’épaule; elle se releva seule, ne put se servir de ce bras et garda la chambre.
Le 23 juin elle entre à l’hôpital de la Charité; elle présente le coude droit écarté de la base de la poitrine en devant, avec impossibilité de le mouvoir en avant et en arrière; elle peut le rapprocher du tronc, mais lentement : néanmoins elle ne peut mettre la main sur la tête. 11 y a une concavité à la partie externe de l’épaule avec saillie de l’acromion. Lorsqu’on relève le bras à angle droit il n’y a pas de dépression sous-claviculaire de ce côté. Dans l’aisselle on sent très distinctement, au-dessous, la tête de l’humérus qui se meut lorsqu’on remue le membre. Le bras, mesuré de l’acromion à l’épicondyle, est plus long d’environ trois lignes que celui du côté gauche. Dans les mouvements du bras on sent très-distinctement un craquement pro-
■ Observation recueillie parM. Agneil.
3 Celsi, De re mcdicâ, livre 8.