ABCÈS DE L’AISSELLE
Parmi les maladies de l’aisselle, il n’en est guère de plus fréquente que les abcès, et cependant, dans cette région, comme dans presque toutes, on a négligé d’indiquer les variétés nombreuses qu’ils présentent, principalement sous le rapport de leur siège, de leur étendue et de leur nature. Je veux aujourd’hui faire pour les abcès de l’aisselle ce que j’ai déjà fait pour les abcès de la région iliaque L Vous verrez que ce point de l’histoire des abcès n’est pas moins important dans celle région que dans la précédente.
Eu égard à leur siège, nous trouvons d’abord plusieurs variétés fort distinctes :
1° Phlegmons tubériformes ou superficiels. — Us siègent dans les couches celluleuses les plus rapprochées de la peau. Us sont souvent le résultat d’un effort critique de la nature, d’un agent morbifique général; ils sont produits souvent aussi par
1 Voyez plus haut : Abcès de la région iliaque.
le défaut de propreté, par l’irritation des follicules sébacés de la région axillaire, par les frottements, surtout dans les saisons chaudes, chez les personnes qui exercent beaucoup leurs membres. Les blessures des membres thoraciques les déterminent rarement. Le tissu cellulaire dans lequel ils siègent étant plutôt filamenteux qu’aréolaire, ils n’ont guère de tendance à s’étendre. L’inflammation qui les a produits tend à se circonscrire, et donne à ces phlegmons la forme de furoncles; et cet aspect est d’autant plus frappant, qu’ils sont quelquefois comme eux, tantôt uniques, tantôt agglomérés. Ces phlegmons tubériformes ont trèspeu de tendance à se porter vers les parties profondes, car ils éprouvent là une plus grande résistance que vers la peau, vers laquelle ils se portent très-promptement. Des douleurs très-vives accompagnent souvent le développement de ces phlegmons , dont la marche est généralement assez lente. Us se terminent du reste presque toujours