‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 2)Chapitre 101 sur 140 · CARACTERES 1)K I. ART ROMAN · texte numérisé non relu

CARACTERES 1)K I. ART ROMAN

Or voici ce qu'ajoute M. Lefèvre-Pontalis :

« Les chapiteaux de Chivy que M. Fleury prend pour types ne sont pas conformes à ce modèle, (c'est-à-dire au modèle galloromain) ; ils portent l'empreinte d'un art affranchi de toutes les traditions de la sculpture antique, et leurs ornements ont un caractère original très prononcé '. »

Voilà donc la personnalilé de l'art barbare du xi" siècle proclamée très nettement par un des théoriciens du Romanisme.

Cet aveu est très important à constater.

A la fin de sa vie, pendant et après la rédaction du tome VIII du Dictionnaire raisonné, au mot sculpture, ^ iollet-le-Duc avait commencé à voir clair dans la question. Lisez le passage qui concerne Morienval.

Mais c'est dans le livre intitulé VArl Russe que la force et la valeur du principe barbare sont apparues avec le plus d'évidence à A'iollet-le-Duc, en même temps que l'effondrement du principe classique et latin.

« Eu France, vers le x*^ siècle, l'élément gallo-romain qui dominait alors aussi bien dans la structure architecloniqne que dans l'ornementation est étouffé, peu à peu, sous 1 intluence de lart byzantin, dans le midi particulièrement, — Scandinave, asiatique dans le Nord.

« Ce que nous appelons le Ronuiii en France, n'est à tout prendre, qu'un apport asiatique sur un fonds romain. La structure quasiromaine subsiste avec une certaine persistance dans les provinces du Nord ; mais dans lOuest, la structure byzantine exerce une grande intluence et modilie profondément 1 architecture pendant qu'au Nord, au Centre, à l'Ouest et au Midi, rorncmentalion galloromaine disparaît presque sinuillanément.

« Les objets, les étoiles, les meubles rapportés de Hyzance produisent dans rornemenlationde l'architecture méridionale française, une véritable transformation. Cette ornementation va, par suite de relations fréquentes de la Provence avec la Syrie, chercher de nouveaux modèles dans les édifices d'Orient, pendant que les apports asiatiques, francs, Scandinaves, se mêlent aux traditions gallo-

I. Sur le manuscrit, Courajod a aJDulé en marj;e et en regard de cette citatii)n : Répéter.

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romaines et se rencontrent avec les éléments d'ornementation empruntés à Byzance. »

Vous savez , par nos études des deux années passées, en quoi j'ai légèrement modifié les conclusions de \'iollet-le-Duc.

Le byzantinisme ou style néo-grec et l'orientalisme à outrance régnèrent dès le début.

Dès l'origine des temps chrétiens nous avons été en contact permanent et régulier avec l'Orient grec, byzantin et syrien. Le maître souverain en cette matière des origines chrétiennes, M. le commandeur de Rossi, à qui j'ai soumis ma doctrine dans toute sa vivacité d'improvisation, a daigné l'appuyer. Je vous le prouverai tout à l'heure.

Il y a bien longtemps qu'elles devraient courir les rues, les doctrines que je vous enseigne ici publiquement pour la première fois.

Elles ont été formulées, dès 1839, par ^^'oillez [op. laml).

Il dépeint d'abord le dépérissement de la Gaule durant les ve, vi**, vu® jusqu'au xi'" siècle.

Les arts de première nécessité se dégradèrent, dit-il, dédaignés qu'ils étaient par les Romains libres, comme par les Germains victorieux et bientôt les arts libéraux n'existèrent plus.

« Le contact des races une fois effectué, elles restèrent quelque temps distinctes ; bientôt cependant de leur réaction réciproque résulta la fermentation sociale qui se prolongea sous les deux premières dynasties jusqu'à l'enfantement de la souche féodale qui en fut le résultat à la fin du x*' siècle. »

Dans le troisième chapitre de la seconde partie de son ouvrage, p. 31, Woillez déclare que les caractères du style roman pur, — caractères entièrement étrangers à l'art classique, — sont le point de départ de la transformation romane.

Le renouvellement a été automatique et spontané.

Vous vous rappelez ce que je vous ai dit de la Basse-Œuvre de Beauvais.

Vous savez dans quelle série d'ouvrages il faut la ranger, la classer. Elle appartient à la série des œuvres inspirées par la renaissance carolingienne et monastique, décrétée par Gharlemagne et ses successeurs et organisée par Eginhard, Alcuin et l'Académie palatine.

CorHAJon. Leçons. 31

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