LA BOURGOGNE, I.E FOREZ, LE POITOU
Ces bas-reliefs ont tous la même forme et souvent le même sujet ; ils devaient être fabriqués en bloc clans des ateliers spéciaux.
L'église de Donzy (Nièvre) possède des restes du xi® siècle et des chapiteaux à pans rabattus, que Ton peut rapprocher des types à palmettes de Saint-Bénigne de Dijon, Germigny-les-Prés, Saint- Avit et Saint-Aignan d'Orléans, Jumièges, etc. Un autre, très beau, est conçu selon une fantaisie extravagante et vraiment barbare.
Saint-Etienne de Nevers. Le portail avec ses colonnes tournées et son tympan peint est donné par Viollet-le-Duc comme un type du XI® siècle.
Saint-Pierre-le-Moutier (Nièvre). Eglise fort intéressante renfermant des morceaux de différentes époques depuis le xi" jusqu'au xni" siècle. Dans les deux églises, chapiteaux à tailloirs fortement décorés qui sont une preuve d'ancienneté.
Au musée du Puy est une collection intéressante de chapiteaux ornés de monstres qui témoignent de la communication lombarde, nordique et barbare. Un autre présente une forme toute spéciale et très orientale ; c'est une sorte de corbeille surmontée aux angles de poules ou de colombes soutenant le tailloir, qui est orné d'une tète tout à fait dans le caractère du xi'' siècle. On retrouve ces mêmes oiseaux en Lombardie, souvent mieux traités, disposés à la même place, au-dessus de la corbeille ; autres exemples à Parenzo (gravés ans Mothes), à N'enise et même dans le Ciborium de San Clémente
Rome, élevé de 514 à 523 (voir Caltaneo, p. 53). Les textes attribuent cette ornementation à des ciseaux grecs, c'est-à-dire byzantins ; c'est donc toujours la même provenance orientale.
Les portes du xn*^ siècle, au Puy, sont ornées d'enroulements carolingiens et de lettres arabes.
Forez et Lyonnais. — Ces deux provinces aussi sont riches en monuments du xi" siècle. L'Eglise d'.\inay à Lyon est très curieuse ft tous les points de vue. La façade est encore décorée de petits basreliefs et de colonnes provenant du temple d'.\uguste. Sur un des côtés est grelFée la chapelle carolingienne de Sainte-Blandine.
Les fragments de l'Ile-Barbe, dont quelques-uns ont été remployés, présentent des animaux, des chasses dont la provenance est
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■ toujours orientale. On y voit un monstre, particulier à la décoration barbare, avec la têle retournée et le train de derrière très accentué que Ton retrouve sur beaucoup de fibules visiyolhiques (v. Barrière Flavy, Sépiildires visigolhtques du sud-ouest de la France); il est même marqué du Svastiiva.
Même caractèi'e sur une plaque sculptée, conservée dans l'ép^lise d'Ainay qui est peut-être du xn'' siècle, mais sur un thème orientai.
A Cluindieu, chapiteaux du xi" siècle, toujours dans le courant carolingien.
En somme, le xi" siècle a eu la verve créatrice, la volonté de faire quelque chose, Téveil d'une inspiration nationale. 11 ne copie pas mécaniquement ; quelque chose de la personnalité de Touvrier se mêle à son travail.
A Saint- Pvomain-le-Puy (Loire) (v. Thioliier, le Forez pilloresque et monumental), chapiteaux et fragments intéressants, de même courant, de source carolingienne.
Anzy-le-Duc (Saône-et-Loire), bandes lombardes, chapiteaux de la famille des animaux alîrontés n'ayant souvent qu'une seule tête, provenance nordique.
De même à Sanit-Julien, Saint-Genoux (Indre), Saint-Brice de Chartres, etc.
Dans le cloître de Charlieu, chapiteaux très intéressants, à campaniles, en forme de tête (les analogues à Bois-Sainte-Marie). Extrême variété de tous ces chapiteaux; mais partout même sentiment, même courant, qui n'est pas latin.
Le Poitou. — Eglise Sainte-IIilaire de Poitiers. Plusieurs fois ruinée, saccagée et incendiée, l'église fut reconstruite plus vaste encore que x-elle qui existe aujourd'hui. Elle fut consacrée le I'"" novembre 1049 par treize évêques et archevêques; puis remaniée au xn'' siècle. (Cf. Mémoires de la Société des antiquaires de r Ouest, 185G.)
Saint-Porchaire de Poitiers. L'église Saint-Porchaire n'a de curieux que son antique clocher qui se compose d'une grosse tour quadrangulaire dans laquelle se trouve l'entrée du monument. Cette tour, classée parmi les monuments historiques, porte bien, dans son ensemble comme dans ses détails, le cachet de l'architecture du XI* siècle.