‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 2)Chapitre 123 sur 140 · QUINZIÈME LEÇON ' 26 MAI · texte numérisé non relu

QUINZIÈME LEÇON ' 26 MAI

LE BEAUVA[S1S

Mesdames, Messieurs,

Nous étudierons aujourd'hui un chapiteau du Musée de Beauvais, datant du xi'' siècle. Il représente des personnages montés sur des animaux fantastiques et tenant à la main une gerbe de crossettes en forme de points d'interrogation. L'exécution est on ne peut plus sauvage et primitive ; les figures sont comme taillées à la serpe ; elles sont pourvues de ces petites oreilles hautjuchées caractéristiques du xi° siècle. La facture procède des traditions galloromaines; mais l'inspiration n'a rien de romain.

L'animal, support de personnages debout, est un principe oriental. Les sculptures assyriennes en fournissent de nombreux exemples dès la plus haute antiquité (cf. Perrot et Chipiez, Histoire de Vart dans V antiquité^ t. II). Les bas-reliefs colossaux de l'Assyrie et aussi les statuettes, les pierres gravées, les cachets si nombreux sont couverts de personnages juchés sur des tigres ou même sur l'aigle à deux têtes, qui devint plus tard l'aigle héraldique de Russie.

La coutume de ces représentations se répandit en Occident avant la diffusion du christianisme. Les soldats romains rappor-

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