Partiellcniunt résumé d'après des notes prises au cours
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coloniietles reposant sur des lions couchés. Ce sont exactement les monstres androcéphales des palais assyriens.
A \'oyennes, certains chapiteaux sont ornés de ces têtes barbares avalant un ruban qui sépanouit en feuillag;es et en palmettes, comme à Saint-Sauveur du Mans, et dans beaucoup d'autres églises.
Léylise de Nesle (Somme) est très curieuse; elle est entièrement barbare et orientale (voir Duhamel, Description archéologique du ciiiloii de Ae*'/e, Péronne, 1884). A la porte de Téglise, chapiteaux anti {ues portant la double crossette combinée de diverses façons, et ce motif revient souvent dans l'ornementation des chapiteaux de l'éj^lise où l'on remarque également le thème barbare du personnage écartant, de ses bras étendus, deux monstres qui . lui dévorent les mains.
Un autre chapiteau mérite une longue étude. On y voit un animal et à côté une espèce d'arbre supportant de très gros fruits. Ce n'est pas un capince d'ornemaniste, car on retrouve le même type à (iournay et dans bien d'autres monuments ; c'est tout simplement l'arbre de vie oriental. Le symbole et l'ornememt se sont ici confondus ; mais la forme est restée identique à elle-même, sans que les artistes romans en aient jamais compris vraisemblablement le sens. (V^oir un chapiteau du musée d'Evreux, provenant de l'église d'Annières). A Nesle, on trouve cet arbre de vie sous dilFérentes formes et même combiné avec la palmette comme dans les sarcophages du Sud-Uuest ; dans le Pas-de-Calais, il reparaît enQore, au xn'' siècle, sur une tombe; la forme est un peu différente mais la conception est toujours la même (\'oir aussi Catlaneo, chapiteau d'Albenga, vin*" siècle ; en Angleterre, une cuve baptismale, pièce capitale, à Durham, comté de Norfolk). L'arbre de vie y est figuré sous tous les aspects avec des crochets et des palmettes. A Stockholm, on le retrouve, sur une pierre sculptée, avec son soubassement caractéristique, et les bijoux Scandinaves le rcjjroduisent quelquefois. Sur les puits de X'enise du vni'' siècle, on le rencontre souvent; à Cividale, il est accosté de deux têtes de griffons, comme dans les arbres assyriens ; à Milan (église d'Aurona), il est très étalé sur la corbeille du chapiteau. (En Perse déjà, on trouve l'arbre de vie employé comme ornement d'un chapiteau, et au iv*^ siècle avant
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J.-G. dans la province de la Grèce asiatique où Tinfluence assyrienne sest exercée, au temple d'Athéné de Priène par exemple, ou dans celui d'Apollon Didyméen à Milet, le même motif reparaît, Tarbre de vie se confondant souvent avec la palmelte .
A Vignory, on trouve larbre de vie, confondu avec la palmette, accosté de deux animaux, et à Saint-Hilairc de Poitiers il occupe un chapiteau tout entier. — Le roman est pénétré d'influences orientales.
On trouve également à Nesle un autre élément très important à étudier : c'est l'agneau pascal. 11 n'est pas de source latine ni romaine-païenne. Ce type essentiellement chrétien est resté indélébile et invariable depuis les plus hautes épocpies jusqu'à nos jours ; il a pris la valeur d'une figure hiéroglyphique ou héraldique; il vient d'Asie. Rome n'a été pour lui qu'une étape sur la route d'Orient en Occident. Les monuments romains qui portent la figure de l'agneau comme le sarcophage de Junius Bassus n'ont fait que le recevoir de l'Orient.
En Syrie, à Deïr-Sanbil (cf. de Vogiié), la croix est placée sur le train de derrière de l'agneau.
L'art ravennate ou byzantin l'a adopté de très bonne heure; le tombeau de l'évèque Félix datant de 725, à Saint-Apollinaire, porte un agneau surmonté d'une croix; sur un autre sarcophage, l'agneau relève la patte pour soutenir la croix ; le même mouvement se remarque sur un en-tête du manuscrit de Gellone et à Saint- Ambroise de Milan ; au xi" siècle, le Christ est remplacé sur la croix par un agneau avec la croix ou le labarum (telle est la croix de Jussy Champagne et celle d'Avor; on en a beaucoup d'exemples dans le Cher et sur des frontons d'églises).
A Nohant, l'agneau pascal porte la croix sur la croupe comme à Deïr-Sanbil ; mais il se termine en queue de basilic.
Ce qui a contribué à répandre si universellement ces images d'agneau pascal, c'est la vénération que l'on avait pour les ac/niis Dei formés de la cire du^cierge pascal mélangés aux restes dû Saint- Chrême et distribués à l'avènement des papes et tous les sept ans. Leur forme n'a pas changé depuis les premiers siècles jusqu'à nos jours : un agneau y est toujours représenté. On trouve aussi l'agneau sur des bijoux Scandinaves du « deuxième âge du fer ».