‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 2)Chapitre 16 sur 140 · Aurcl. Victor: de Ciesarib. cap. IX · texte numérisé non relu

Aurcl. Victor: de Ciesarib. cap. IX

l. ELKMENT GAM-O-ROMAIX

été bien chèrement achetée. Une aristocratie traîtresse à la patrie l'imposa près de quatre siècles à notre pays, de connivence avec l'étranger et à l'aide de la plus abominable des lois sociales empruntées au vainqueur. Cette prospérité apparente était, en efTet, le produit des douleurs et des larmes du peuple, le résultat d'un régime de servitude et d'esclavage. Ce ne sont pas des mots, mais des faits. C'est sur cette dernière institution que reposait, en définitive, toute la civilisation romaine, c'est à cette institution qu'elle doit les plus imposantes manifestations de son art.

En Gaule, comme dans tout le monde romain, le peuple payait, subissait, bâtissait sous le fouet et dépouillait chaque jour son tempérament d'art national, pour complaire à quelques privilégiés associés aux vanités du Sénat romain.

Et on aurait voulu que le peuple celtique s'associât de c(eur à cette factice et mensongère culture latine! Certainement, il lui resta profondément hostile. Il n'eut de commun avec elle que la langue qu'il fut forcé d'accepter, ou plutôt par laquelle il avait été séduit. Mais, il préserva son esprit de la contagion. Pour avoir été extrêmement brillante, la civilisation gallo-romaine n'en fut pas moins absolument superficielle.

Écoutez M. A. Choisy ^ :

u L'Empire sentit enfin les funestes résultats d'un système économique fondé sur le mépris des droits individuels et des libertés privées. Les campar/nes .supportèrent pendant trois siècles les pénibles lois qui les astreignaient à construi/'e pour les villes des édifices d^ un caractère purement municipal ; les petites villes ellesmêmes subirent robligation de subvenir aux dépenses des grandes cités (voyez, le Code théodosien) ; mais enfin incapables de suffire plus longtemps aux exigences de la tyrannie impériale, on vit, dans les Gaules, par exemple, les habitants des campagnes profiter du relâchement des liens qui les rattachaient à l'Empire, pour s'armer contre lui, et cesser d'être ses auxiliaires pour redevenir ses ennemis. »

Tout cela est parfaitement vrai. Il y eut opposition de la campagne et des villes. Je vous montrerai dans quelque temps que le

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