Clioisy. Uarl de h:\lir chez les Byzantins, p. J6n
LES INFIAENCES BYZANTINES 1 49
La transmission méridionale a g^ardé au contraire Tarrière-goûl de l'art assyrien ou perse, ou, en dernier lieu, byzantin.
Quant à lentrelac pur, il se trouve également dans les sources méridionales et dans les sources septentrionales, quoique à plus forte dose dans ces dernières, comme vous le verrez. On en voit un exemple en Syrie dans l'ouvrage du duc de Luynes. Il y en a de nombreux exemples dans l'ouvrage de M. de Vogiié.
Viollel-le-Duc a affirmé le fait ^
« Le musée de Toulouse est rempli de ces bandeaux ressemblant fort à de la passementerie byzantine, dune finesse d'exécution toute particulière, et de ces entrelacs rectilignes ou curvilignes, de ces rinceaux perlés, empruntés à des menus objets rapportés d'Orient, et aussi au génie local qui, par les émigrations des \^'isigoths, a bien quelques rapports avec celui des peuplades indo-européennes du Nord. Les figures 28, 28 his et 28 ter donnent des exemples de ces ornements où le byzantin se mêle à cet art que nos voisins d'Angleterre appellent Saxon. »
M. de Vogiié fait remarquer, dans son livre Le Temple de Jérusalem, qu'en Occident les procédés romains ont rapidement étouffé le génie grec. La sculpture perd de bonne heure son caractère ; elle devient lourde, molle, plate de style, quoique matériellement saillante et arrondie.
En Syrie, au contraire, les traditions se conservent plus longtemps.
Viollet-le-Duc, comme je tâcherai de vous l'expliquer en commentant son texte, a très bien compris l'essence de l'art byzantin né, sur les confins de l'Asie, du mélange de l'art grec s'ouvrant aux arts orientaux et pénétré par un choc en retour de l'art romain, devenant une doctrine universelle comme le christianisme et ouvrant ses bras à l'univers.
Les considérations que l'examen des monuments m'a inspirées n'ont rien qui puisse choquer personne. M. Bayet ne pense pas autrement dans maint endroit de son livre : L'art byzantin, quand il dit, p. 291, pour expliquer les influences byzantines subies par l'Occident : « Pendant le Moyen âge, l'Orient et l'Occident n'ont jamais vécu isolés l'un de l'autre. »