Ibid
LES INFLIKNCKS BYZANTINKS l5l
C'est une preuve de plus du contact immédiat de l'Orient avec la Gaule.
L'opinion de Viollet-le-Duc sur la formation de l'art byzantin est intéressante à citer :
« Voir dans l'art de Byzance un compromis entre le style adopté par les Romains du Bas-Empire et quelques traditions de l'art grec, ce n'est pas se tromper, mais c'est considérer d'une manière un peu trop sommaire un phénomène complexe. Il faudrait, — l'art admis par les Romains bien connu — savoir ce qu'étaient ces traditions de l'art grec sur le Bosphore, au iv^ siècle. Cet art grec était romanisé déjà avant l'établissement de la capitale de l'Empire à Constantinople ; mais il s'était romanisé en passant par des filières diverses. Or, comme les Romains, en fait de sculpture, n'avaient point un art qui leur fût propre, ils trouvaient à Gonstantinople l'art grec modifié par l'élément latin et tel, à tout prendre, qu'ils l'avaient admis partout où ils pouvaient employer des artistes grecs. Les Romains apportaient donc à Byzance leur génie organisateur en fait de grands travaux publics, leur structure, leur goût pour le faste et la grandeur, mais ils n'ajoutaient rien à l'élément artiste du Grec. Mais ces Grecs de l'Asie, qu'étaient-ils au iV siècle? Avaientils suivi rigoureusement les belles traditions de l'Attique ou même celles des colonies Ioniennes, Cariennes? Rappelaient-ils par quelques côtés ces petites républiques de l'Attique et du Péloponèse qui considéraient comme des barbares tous les étrangers ? Non certes, ces populations, au milieu desquelles s'implantait la capitale de l'Empire, étaient un mélange confus d'éléments qui, pendant des siècles, avaient été divisés et même ennemis, mais qui avaient fini par se fondre. Le génie grec dominait encore, au sein de ce mélange, assez pour l'utiliser, pas assez pour l'épurer '. »
Vous voyez bien le vide qui se forme dans l'art au iv'' siècle. Vous connaissez le passage du Code Théodosien.
Il n'y a plus d'architectes latins en Italie dès la première moitié du IV* siècle. C'est un fait patent, établi par des textes d'histoire et un article de loi. Le sol intellectuel italien était épuisé.
A tous les points de vue le déplacement de la capitale du Monde
t. Dictionnaire raisonné, tome VIII, p. 192 et suivantes.
était nécessaire. Le foyer oriental et grec était le seul qui eût conservé quelque chaleur.
On ne sait plus sculpter honorablement en Italie non plus. Pour décorer Tare de triomphe élevé à Rome à l'empereur Constantin, on fut obligé de dépouiller un édifice antérieur élevé en l'honneur de Trajan. On peut voir encore à Rome lare de Constantin, Les moulages sont à Saint-Germain.
C'est la fin du monde antique qui s'écroule sur lui-même.
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