‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 2)Chapitre 53 sur 140 · Beviif nrrhéolo(ji(ine. loiiic XI · texte numérisé non relu

Beviif nrrhéolo(ji(ine. loiiic XI

i. es. Gitzelle des ne;inx-Ar(s, tome XII, année 1S85. p. 316.

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\ nses en cristal de roche. — Le musée du Louvre possède dans la galerie d'Apollon une aiguière de cristal de roche provenant de l'abbaye de Saint-Denis et gravée par J. Jacquemart dans l'ouvrage de M. Barbet de Jouy (Gemmes et joyaux '). Cette aiguière, accompagnée dune légende arabe, l'ut donnée par Roger de Fouille, roi de Sicile, mort en 1154, à Thibaut, comte de Champagne, en 1139 ou 1140, à l'occasion du mariage d'Elisabeth, fdie deThibaud. Elle l'ut ensuite oiïerte à Suger pour l'abbaye de Saint-Denis, par le comte de Champagne.

Le vase de Saint-Denis porte la figure de deux perroquets, qui ont été bien souvent imités au xii'' et au xin^ siècle, surtout dans la céramique et pour les pavages.

\o\v l'article de AL de J-ongpérier dans la Revue archéologique, 1865, tome 12, p. 364 et suivantes.

.Vulre vase du même genre et de même travail arabe conservé dans le trésor de Saint-Marc à Venise, avec une légende arabe : Bénédiction de I/ieu a Viman El-Azir Dillah. Ce qui le date des années 975 à 996 de notre ère.

(Voir les livres sur le trésor de Saint-Marc et la Revue archéologique, 1865, tome 12, p. 366).

Cette importation orientale, considérable, énorme déjà en ellemême, lut multipliée en outre, pendant tout le moyen âge, par la contrefaçon sicilienne et vénitienne.

Les chansons de geste parlent continuellement d'objets d'art et de pièces d'armes qu'elles désignent comme des œuvres orientales, — c'était là pourtant du travail arabe — sous le ^lom fabuleux d'œuvre de Salomon. Cette expression servait à désigner un objet exécuté avec une grande habileté, sans spécilier un mode particulier de travail et sans acception de matière ; car, pour l'Europe au moyen âge, comme pour l'Orient, Salomon était devenu le type de la sapience.

A cette époque, dit M. de Longpérier, on attribuait l'exécution des choses précieuses ou extraordinaires à l'influence de Salomon. Plus tard, la tradition a légèrement dévié et l'on était porté à croire

l. Gemmes el joyaux de la Coiirnuiie. publ. et expl. p. B, cl. J. 1S05-|,S{57, 2" vol., 60 pi.

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que certains objels d'art oll'raienl rinia^e du (ils de David ou provenaient de son Temple '.

La tenture l'ut essentiellement orientale pendant tout le moyen âge. On en trouve la preuve dans les étoiles représentées, dans les vêtements des statues françaises et occidentales de l'époque romane et même j^othique. On y reconnaît des crêpes et des tulles de fabrication sarrazine. Dans un tombeau découvert à Saint-Germain-des- Prés, on trouva le corps d'un abbé (peut-êti^e Ingon, x'' siècle), re\êlu d'étolï'es orientales portant des légendes arabes.

Toutes les reliques anciennes sont enveloppées dans des étoffes précieuses. Et au moyen âge, dès que les étoffes étaient précieuses, elles étaient orientales.

On pourrait, à l'appui de ce qui précède, citer tous les trésors célèbres : il n'y a pas d'exception.

L'intérieur de la maison seigneuriale au moyen âge, le rtl home du chevalier, eut certainement une véritable couleur orientale qui dut influer, dans une certaine mesure, sur la direction de l'art tout entier. Cette indéniable transmission est facile à constater par l'existence de copies plus ou moins adroites, plus ou moins couvertes d'inscriptions coufiques et de formules graphiques arabes, exécutées par des artistes occidentaux sur des monuments de notre art national, même dans des églises 2, aussi bien que sur les produits de l'industrie française, notamment sur ceux de lémaillerie.

A cet égard on peut citer ; le ciboire de Montmajour trouvé dans la tombe de Bertrand de Malzan (ancienne collection Révoil, au Louvre ■'j ; une petite châsse émaillée appai-lenant à ^L Mimé à Limoges ' ; le danseur de Bourges; dans une bordure d'un vitrail de Saint-Julien du Mans, on voit une légende en caractères arabes imitant assez bien le commencement des mots : Louange à 13ieu "'.

L'usage des inscriptions arabes appliquées à rornemenlation ne

1. Vase arabo-sirilieii de Iduirre Snlovion, par \. de Lnngpérier. Bévue archéologique, N. S., tome VI, 2- partie, p. 35G. 3:)7, pi. iv XXII ;1S65;.

2. Ce fait a été relevé par VioUet-lc-Diic, notaiiimenl clans le Diciionnaive raisonné d'archiledurc, tome VIII, p. lOs. Cf. aussi Gailhabaud, L'archileclure (lu V'' nu XVIIh siècle, tome II.

3. Publié par Longpérier, Revue iirchéoloçiiiiup, tiiine II, p. 701.

4. Publié par Lonj;périor, lievue nvchéoloijiiiue. tome II, p. 70i, pi. 45. à> lievue !irchénlogi<iue, p. "02,

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