LA DÉCORATION A L'ITALIENNE JEAN LEPALTRE
^'oici des titres : Nouveaux dessins dautels à l'italienne, inventés et gravés par Jean Lepautre. Retables d'autel à l'italienne, par Jean Lepautre. Portraits d'églises à l'italienne, par Jean Lepautre.
Les autels à la romaine restèrent longtemps à la mode.
Thierry, Guide des amateurs et des étranc/ers voyageurs à Paris^ 1787, tome I, p. 699 : » L'église Saint-Louis, ci-devant des soidisant Jésuites. Cet ordre fut proscrit et supprimé par Clément XIV le 21 juillet 1773. Cette église est actuellement desservie par les chanoines réguliers de Sainte-Geneviève, autrement dits de la Culture Sainte-Catherine. Ces religieux, transférés dans cette maison en vertu de lettres patentes du 21 mai 1767, ont fait faire dans cette église un maître-autel à la romaine. »
Il est excessivement curieux d'établir et d'enregistrer les rapports qui existent entre les constructions religieuses du xvii*" siècle et les monuments antiques, tels que les archéologues de l'école de Claude Perrault les concevaient. Les monuments religieux ne sont pas autre chose que des compositions antiques aux yeux des hommes du XVII*' siècle. Preuves dans les reconstitutions archéologiques de Claude Perrault, qui se rapprochent des églises de jésuites.
\'oir le frontispice de la traduction de Vitruve par Perrault.
La basilique de \'itruve, c'est une variante de l'église des Invalides. Et je vous montrerai ce que c'est que l'église des Invalides : une église de jésuites, pas autre chose. — Peu de différence entre la façade du théâtre antique, restituée par Perrault, et la façade de l'église Saint-Laurent, à Florence, dont voici un projet par Michel- Ange. Quelle profonde aberration 1 Ne pas savoir distinguer le style d'une salle de thermes, d'une salle de bains, du style d'un théâtre, dune salle destinée à la prière!
Les confessionnaux à l'antique. — Les confessionnaux à l'usage des païens. — Les artistes du xvii'' siècle en arrivent par leur manie à l'absurde. Et dire que Beulé et d'autres ont prétendu que le style classique est religieux et peut convenir à un culte I Beulé a déclaré qu'il était agacé d'entendre toujours répéter que le style gQthique était religieux. Il aurait pu savoir que les hommes du xviii*' siècle, que Blondel lui-même et Patte déclarent que le style gothique était le style religieux par excellence. Je vous lirai des passages de Blondel quand, plus tard, je vous ferai voir la résistance
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et la protestation du stvle national et gallican contre l'invasion italienne et le goût de l'art des jésuites.
Tous les cloîtres du x\if siècle ressemblèrent à l'atrium de? maisons l'omaines antiques, telles que les commentateurs de ^'itruve imaginaient qu'elles avaient été.
Les preuves sont innombrables. \'oir par exemple le \'itruve de Perrault, p. "206, chapitre III, Des cours des maisons : « Les cours des maisons sont de cinq espèces ; on les appelle, à cause de leur figure, ou toscanes, ou corinthiennes, ou tétrastyles, ou découvertes, ou voûtées ». La troisième figure représente la cour voûtée. C'est le type du cloître du wn*" siècle : type de Saint-Maur de Glanfeuil, de Sainte-Croix de Bordeaux, de Saint-Maixent, de Saint-Aubin d'Angers, etc..
Dans une leçon que j'ai publiée l'année dernière dans la revue le Moyen Arfe/fcLi montré qu'un mouvement archéologique analogue, tenté par l'Académie palatine, fondée par Charlemagne, avait produit des résultats identiques au w'^ siècle.
Dans la dernière partie de celle leçon, Courajod avail projeté sur le tableau des dessins d'autels de J. Lepautre, le palais Mazarin, l'église de la Sorbonne,des spécimens d'aulels, de baldaquins à la romaine, etc.
CouRAjoD. Leço>s III.