LE M HÉROÏQUE ET ACADÉMIQUE
Kntrez à Saint-Pierre de Home ou dans n'importe quelle triste église du xvii® siècle : un vaisseau de formes lourdes, écrasées, très définies, de proportions conventionnelles et incompréhensibles, faute d'échelle naturelle, s'ouvre devant vous. \'ous êtes ébloui; vous n'êtes pas impressionné par la majesté du lieu. \'ous comprenez que vous êtes chez un riche. Mais vous ne sentez pas que vous êtes chez un père, chez l'Intangible, chez l'Insondable, chez ri']ternel, en présence de l'Etre de nature surnaturelle, que les catéchismes de toutes les religions ont révélé à tous les cœurs humains. Donc notre Dieu est mal logé par l'Italie et par la mode italienne.
Pour le xvii'' siècle romanisant, le Temple n'a jamais été que la demeure terrestre du Dieu des riches. Le xvn" siècle av;iit oublié que les marchands en avaient été chassés. Et les Ilonnestes gens, les bons bourgeois, l'esprit public dévoyé par la pédagogie ont fait précisément du Temple le palais d un marchand orgueilleux et enrichi.
Dans ces théâtres ou dans ces boudoirs, d'un luxe souvent indécent, toujours insolent et inhospitalier, dans cet étalage d'un bricà-brac inutile et archéologique, dans ces succursales des galeries du \'atican, je vous délie de trouver une statue que vous puissiez associer à l'expression d'une prière, et auprès de laquelle vous puissiez goûter la douceur des larmes essuyées ou du front rafraîchi.
Dans ces solitudes aussi grandioses que hautaines et rébarbatives, vous ne rencontrerez aucune de ces œuvres d'art, faisant fonction d'auxiliatrices et d'humaines confidentes, comme dans nos églises du moyen âge. Toutes les statues, toutes les images vous rebutent par leur insensibilité empruntée à celle des Junons antiques, ou vous répugnent par leur inconvenance, comme la sainte Thérèse du Bernin.