‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 4)Chapitre 115 sur 124 · HéHunu'e d'apri's les nolon prises au cours · texte numérisé non relu

HéHunu'e d'apri's les nolon prises au cours

LE SOISSONNAIi^

Dans la même région, près de Morienval, un petit oratoire du xi° siècle dédié à sainte Berthe conserve un chapiteau orné d'une manière tout à fait barbare. Il est remarquable que, dans cette contrée, rélémenl barbare a un accent de sauvagerie, mais aussi de personnalité, bien plus marqué qu'en Auvergne par exemple. C'était pourtant un pays riche et peuplé d'abbayes importantes et de châteaux ; mais c'était en même temps un milieu de race purement franque et ayant conservé sans altération ni mélange ses instincts primitifs.

A Saint-Leu d'Esserent, un chapiteau a la même ornementation primitive et barbare que celui de Sainte-Berthe, et Ton retrouve aussi cette ornementation sur la poterie mérovingienne et les bijoux.

L'église de Bruyères a une série de chapiteaux extrêmement curieux, avec des personnages incohérents et d'une telle extravagance que leur inspiration barbare ne peut être niée.

A Saint-Léger de Soissons, chapiteau cubique décoré de palmetles que l'on retrouve dans un grand nombre d'églises, comme celle de Saint-Thibault à Ghivy. Le système des feuilles traitées comme des rainures, que Ton constate à Saint-iMarc de Venise et sur de nombreux puits vénitiens (conf. Cattaneo), se retrouve à Saint- Médard de Soissons, à Oulchy (plusieurs chapiteaux d'Oulchy ont été remis au point, mais sur des moulages). L'élément monstrueux et grotesque (bras et têtes représentés en des attitudes et des expressions excentriques) abonde à Jouaignes et dans la contrée. A Saint-Restitut, autre série de chapiteaux intéressants, un entre autres: avec des oiseaux comme ceux des fibules, et des palmettes. Sur un autre, la palmette a une allure égyptienne et la facture semble procéder du travail du bois.

A Trucy en Laonnais, les chapiteaux sont couverts de tètes d'animaux monstrueux ou étranges. Sur l'un d'entre eux est représenté le Jupiter gaulois armé de son marteau, le Dispater accompagne de sa déesse. L'expression ici est bien gallo-romaine, si l'inspiration est gauloise, et il est très curieux de constater, dans une église chrétienne du xf siècle, la survivance de ces éléments païens. Ce chapiteau est accolé à un chapiteau à grandes feuilles de lotus nettement égyptien (Conf. Mém. de la Soc. des Antiquaires de France^ t. XLI sur le Dispater; Musée de Saint-Germain^ catalogue de Salomon Reinach; musée de Dijon, stèle).

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A Trucy, également, tailloirs décorés d'anneaux entrant les uns dans les autres, système byzantino-barbare et très fréquent en France (V^ aussi Cattaneo, fi{^. I59 et les 4 volumes de Fleury, Antiquités du département de l'Aisne).

A Ghivy, série de chapiteaux à collerettes et crossettes, dont nous avons vu la provenance syriaque et peut-être aussi celtique. Anneaux enlacés, enroulements en S celtique. Là, comme en beaucoup d'autres monuments, il y a eu deux états successifs de Téglise romane ; on constate souvent l'emploi des chapiteaux accolés et retaillés.

A Mont-Notre-Dame, chapiteaux grotesques et barbares dans la crypte, et également à Berneuil, Rivière, etc.

DOCUMENTS COMPLÉMENTAIRES

BIBLIOGBAPniE DE LA SEIZIEME LEÇON

Violixt-le-Dl c. Dici. Archilect., t. Vlil, p. 204. — L'Ecole de sculplurv de rile-de- France, à propos de l'église de Morienval.

J. Pilloy. La question franque au Congrès de Charletoy [Belgique . — Le cimetière carolingien d'Essigny-le-Petil, et la fibule de Crépy en Laonnais (Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, année 1890, p. iOi à 110 .

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Lefêvre-Poxtalis. Article sur F église de Morienval (Seiiie-et-Oisc). Gazette arch., IH88, p. 34.

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