‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 4)Chapitre 19 sur 124 · La collfclïon Basitewskv ronlionl quatrr <lc ce» bollcs · texte numérisé non relu

La collfclïon Basitewskv ronlionl quatrr <lc ce» bollcs

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guérison du paralytique; celle de Taveugle-né; la Samaritaine; la résurrection de Lazare. — L'autre (n® 1034) a comme sujets de décorations les Pèlerins d'Emmaûs et les quatre Evangélistes.

Ces deux boîtes sont du vi® siècle.

11 existe également au musée de Gluny (n* 1032) une admirable Figure Panlhée^ sculpture en ivoire de haut relief, du m® ou iv® siècle. Cette sculpture, remarquable par son inscription aussi bien que par son antiquité, a été trouvée dans un tombeau sur les bords du Rhin avec les deux lions en cristal de roche qui sont placés à ses côtés. Tout porte à croire qu'elle provenait d'un siège consulaire, dont les têtes de lion formaient les boules d'appui destinées à supporter les mains. La figure est debout; elle tient un sceptre dans la main droite et une coupe dans la gauche. Elle est vêtue d'une robe qui laisse à découvert le sein droit. La tête, coiffée comme les figures romaines, est couverte d'un voile, et les pieds sont chaussés de sandales; derrière elle sont deux figures. Au-dessus d'elle planent deux anges, aux ailes déployées, qui supportent une couronne. Le fond est formé par deux grands arbres qui s'élèvent jusqu'au-dessus de la tête. Hauteur : 0'"42.

Au musée de Nevers se trouve un ivoire quasi-antique dont la sculpture représente la Nativité et TAdoration des Mages. Les trois rois mages ont le bonnet phrygien (v®-vii* siècle).

A signaler aussi un ivoire quasi-antique représentant saint Pierre discutant avec un autre apôtre (v-vi^ siècle).

Le trône de l'évêque Maximien (546-552), avec monogramme, se trouve dans la sacristie de la cathédrale de Ravenne. Les reliefs ne sont pas tous de la même qualité. Ce qu'il y a de meilleur, ce sont quelques figures sur le devant, en bas, et quelques reliefs représentant l'histoire de Joseph ; surtout les fils présentant à leur père le manteau ensanglanté, scène d'un dramatique puissant, bien que l'exécution en soit il peine esquissée.

Diptyques consulaires. Le nombre des diptyques* datés s'élève aujourd'hui à 28, se rapportant à 16 consuls différents, qui ont exercé leurs fonctions dans un espace de temps circonscrit entre les années 406 et 5 il. En dehors du livre classique de Gori, publié au siècle

1 . Objets oiïcrts en présent à l'occasion de la nomination des consuls.

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dernier, les principaux recueils modernes qui les mentionnent sont ceux de Pulsky, de WeUwood et de Meyer * .

Liste des 28 diptyques datés :

Année 4()6. — Diptyque de Probus. A Aoste, dans le trésor de la cathédrale. Publié par M. Aubertdans son Trésor dAoste et dans la Revue archéologique^ nouvelle série, tome IV, p. 161, L empereur I/onorius et le consul Anicius Probus.

Année 428. — Diptyque du Consul Félix. Bibliothèque nationale de Paris.

Année 449. — Diptyque du Consul Asturius. Autrefois à Liège, aujourd'hui au musée de Darmstadt.

Année 487. — Diptyque du Consul Boctius. Bibliothèque de Hrescia.

Année 488. — Diptyque du Consul Sividius. Bibliothèque nationale de Paris.

Année 506. — Diptyque du Consul Areobindus. Musée de Munich.

Année 506. — Diptyque du même Consul. Dans la collection Basilewskv.

Année 506. — Diptyque du même Consul. Musée de Besançon.

Année 506. — Diptyque du même Consul. A Dijon dans la collection Baudot.

Année 506. — Diptyque du même Consul. A Lucques en Italie.

Probabl' de 506. — Diptyque attribué au même Consul. Musée du Louvre à Paris.

Année 513. — Diptyque du Consul Clémentinus. Liverpool, Ma ver Muséum.

Année 515. — Diptyque du Consul Anthemius. Autrefois à Limoges.

Année 517. — Diptyque du Consul Anastasius. Bibliothèque nationale de Paris.

Année 517. — Diptyque du même Consul. Partagé entre le Musée de Berlin et le Kcnsinglon muséum.

1. On inmvera tous les renvois bibliographiques dans un article de M. Héron de Villerosse inséré dans la Gazette Archéologique de 18Ki, p. 117.

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Année 517. — Diptyque du même Consul. Vérone, Bibliothèque capitulaire.

Année 517. — Diptyque du même Consul. A Paris autrefois dans la collection de Janzé.

Année 518. — Diptyque du Consul Magnus. Bibliothèque nationale de Paris.

Année 521. — Diptyque du Consulat de Justinianus. Milan, Collection Trivulce.

Année 521. — Diptyque du même ConsuL Bibliothèque nationale de Paris.

Année 521. — Diptyque du même Consul. Le Puy-en-Velay, Collection Aymard.

Année 525. — Diptyque du Consul Philoxenus. Bibliothèque nationale de Paris.

Année 525. — Diptyque du même Consul. Milan, Collection Trivulce.

Année 525. — ^ Diptyque du même Consul. iLiverpool, Mayer muséum.

Année 530. — Diptyque du Consul Orestes. Londres, Kensington muséum.

Année 539. — Diptyque du Consul Apion. Oviedo, trésor de la cathédrale.

Année 540. — Diptyque du Consul Justinus. Berlin, Musée d'art.

Année 541. — Diptyque du Consul Basilius, partagé entre le musée des offices à Florence et celui de Brera à Milan.

Le Cabinet des Médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de Paris possède à lui seul huit diptyques consulaires, dont six contiennent les noms de six consuls différents et portent par conséquent des dates absolument certaines. (Voir le Catalogue de M. Chabouillet.)

Tous les diptyques ne sont pas des diptyques consulaires représentant le Consul ou l'Empereur au moment où il donne le signal pour le début des jeux publics.

A Monza, un diptyque qui représente Boëce et une Muse est environ du IV® siècle. L'Empereur, avec une figure féminine, est à peu près du même temps, ainsi que les deux Consuls en costume de gala, dont plus tard on a fait des saints.

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Aux diptyques il faut joindre les reliures de livres en ivoire ; par exemple, une belle reliure de la première époque au Musée chrétien de Latran ; celle de la Bibliothèque de Rouen * etc..

Bronze. — La statue de bronze de Saint^Pierre^ que fit faire le pape Saint-Léon le Grand (440 — 461) et qui se voit encore à Rome dans la Basilique du Vatican, a toujours passé aux yeux du vulgaire pour un ancien Jupiter, tant le style de ce monument chrétien a de rapports avec celui de la statuaire païenne de Tépoque de la décadence.

Au musée de Berlin, une petite figure en bronze tenant un monogramme en croix publiée par Garrueci. {Storia delVarte cristiana, t. IV, pi. 467) et gravée également dans le Catalogue illustré du Musée de Berlin.

Lampadaire de bronze trouvé en Afrique. Publié dans le catalogue Basilewsky.

Lampes de bronze dans Perret et dans le catalogue Basilewsky.

Statuaire chrétienne. — A proprement parler la statuaire chrétienne^ n'existe pas, nous Ta vous dit. A peine inventa-t-elle deux ou trois types.

Le type du Bon Pasteur est commun dans les peintures muralcsj dans les bas-reliefs des sarcophages, sur les médailles de bronze, sur les lampes de terre cuite, sur les verres dorés et dans les graflites des épitaphes. Mais ce type est très rare dans la statuaire. On n'en connaît que quatre ou cinq exemples à Rome. Il y en a deux au Musée de Latran. Le plus beau de tous est reproduit par M. de Hossi dans la planche Xll du Bulletin d'archéologie chrétienne, de 1887. Gravé dans Martigny, Diction, des antiq, chr,^ et dans Garrueci, Arle cristiana, pi. 4*28.

11 est moulé et une épreuve se voit dans le Musée chrétien du Louvre n" 3276. Les jambes sont modernes, quelques autres petites restaurations ont été indiquées par M. de Rossi.

1. Voir les articles de Charles de Linas [Gazette archéologique^ 1886). Les deux ivoires sont attribués par Linas au vi" siècle.

2. La date traditionnelle de cette statue a été récemment contestée et placée auxni* ou xiv* siècle.

3. Cf. un article de M. de Ilossi dans le Bulletin (V Archéologie chrétienne ,

U6 i.'abt latin cimÉTiKx

1^ Bon Pasteur porle l'agneau couché sur ses ûpaules; cheveux en longues tresses à la manière d'Apollon, regard très doux, tourné vers l'agneau qui regarde aussi le Pasteur. C'est une figure pleine de charme malgré l'époque de décadence indiecutahle dont elle sort. Lusentimentcn est vraiment remarquable (fig. 4.)

Kis-

Stnlue du Hi.n Pasivur.

M. de llossi esllmc que cette statue du Bon Pasleur date dcw premières dizaines d'annéeii du m* siècle environ. M. l'abbé Duchettnc, dans le Bnlledii crilît/iie de décembre 1882, p. 288, ditqu'il y a des personnes qui donnent celle sculpture au second siècle. Pour luj, il est porté à la croire du milieu du m' siècle.

L'autre statue du bon Pasteur, conservée à Home, au même muKéa de Latran, est beaucoup moins bonne. I.c dessin en a été donné par Perret, Home souterraine, l. VI, pi. IV. Vous l'avez sous les veux.

11 Y en a une au Musée Kircher, au collège romain. Il y en a une autre trouvée en 1870 sous l'ancienne basilique de Sainl-Clément [lililleliii il'iirch. chrélieniie. 1870, p. IM). Il y en a une enlin découverte près de la porte d'Ustie et reproduite par M. de Hossî dans le liallelinde 1887, pi. XI.

Il y a encore quelques stalues du Hon Piislcur trouvées, l'ujie à

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Constaniinople (signalée par Albert Dumont), Taulre à Athènes. Kufîn il y en a une à Séville dans le Palais du duc de Médina-Celi.

A propos des statues du Bon Pasteur trouvées à Constantinople eteti Grèce, M. de Rossi rappelle que Constantin orna les fontaines de Constantinople de statues du Bon Pasteur en bronze doré.

Le type du Bon Pasteur dans son expression la plus belle, qui est celle du marbre de Latran moulé au Louvre n° 3276 et gravé dans le Bulletin d'archéologie chrétienne de 1887, pi. XII, est d'après M. Berndorf [Monuments anciens publiés par Vinstitul impérial archéologique de Vienne^ 1888, p. 21, pi. 34), inspiré par une ï«tatue de Praxitèle dont un fragment a été découvert à Eleusis en 1884 et qui représente Eubuleus, frère de Triptolème, personnage du mythe éleusinien.

Dans Topinion du savant autrichien, la statue chrétienne ne serait pas autre chose que la reproduction de l'idéal du Pasteur, le bon berger selon l'art classique.

M. de Rossi, dans le Mémoire sur la statuaire chrétienne que je viens de vous signaler, ne trouve plus à parler que de statues byzantines. Nous nous en occuperons à propos de l'art byzantin.

On a très peu écrit sur la statuaire chrétienne latine.

Il n'y a à citer que les observations de M. de Rossi : A propos d'une statue du Bon Pasteur découverte à Bome près la porte d'Ostie^ dissertation insérée dans le Bulletin d'Archéologie chrétienne de 1 887, p. 1 36 et suivantes, et l'article de M. Le Blant dans les Mélanges de V Ecole de Bome, année 1883, p. 439, article intitulé Les ateliers de sculpture chez les premiers chrétiens.

Il V eut encore d'autres monuments. Le P. de la Croix, à Poitiers, a une petite tcte en tufleau, qui pourrait bien être une antiquité chrétienne des hautes époques, et qu'il faut rapprocher de la tète publiée par Perret dans son livre sur les catacombes.

Voir aussi un chapiteau trouvé à Hcnchir-Zoui, l'ancien Munipium Vazaritanum, et dans le Bulletin des Antiquaires de France, 1876, p. 156-157 une porte monumentale de basilique publiée par M. Iléroiî de Villefosse.

Graffites. — L'art chrétien primitif était un art de prolétaire. Une des premières manifestations de la sculpture fut la gravure à

CoritAJot». F^Eç»»>s "

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la pointe du style ou du couteau, traduction spontanée du sentiment des foules.

Grafïite du Palatin. Alexamène adore son Dieu.

Musée de Marseille (n® 166). Colombe gravée à la suite d'une inscription chrétienne.

Musée de Lyon. Il y a au musée de Lyon de nombreuses inscriptions chrétiennes primitives avec grafïites de colombes et de branches d'olivier.

Musée deClermont-Ferrand. Inscriptions chrétiennes du vii« siècle. Décoration de deux colombes buvant dans des calices sur deux arcades.

Musée de la Société des Antiquaires de TOuest, Poitiers (n<* 595). Deux paons ou deux pintades buvant dans un calice d'où sort une fleur ou une plante. — Même Musée (n® 282-283). Poissons provenant d'un balnéaire chrétien à Saint-Cyprien.

Sarcophages. — Le caractère général des sarcophages chrétiens est l'uniformité de la production; ils provenaient d'une fabrication industrielle en gros.

Les sarcophages chrétiens sont encore sur les frontières extrêmes de l'art antique. Ils en paraissent presque la suite.

Principales collections de sarcophages chrétiens en Italie : Musée chrétien de Latran à Rome. - Crypte Saint-Pierre (grottes vaticanes) Tombeau de Junius Bassus, mort le 23 août 359. — Campo-Santo de Pise. — Cathédrale de Salerne. — A Ravenne. — Cathédrale d' Ancône.

Le musée du Louvre, à Paris, contient un petit nombre de bons modèles de sarcophages chrétiens.

I3ans les officines où se taillaient les sarcophages païens, on travaillait d'après des modèles, d'après des poncifs sans cesse recopiés. Ces motifs toujours reproduits étaient des Génies accostant la tablette de l'épitaphe ou le buste du défunt, — des Génies vendangeant, — des Génies faisant combattre des coqs ou tenant en signe de deuil une torche renversée, — les Dioscures, — Groupes de l'Amour et de Psyché, — Griffons, — Têtes de Méduse ou autres masques de grandes dimensions occupant les extrémités des tombes, — Figures symbolisant le ciel, les vents, les fleuves, la mer, lescontrées diverses, — Emblèmes de la destruction : le lion dévorant un quadrupède, — la colombe ou le lapin mangeant des fruits. On les retrouve presque tous sur les sarcophages chrétiens.

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