‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 4)Chapitre 53 sur 124 · I. VioIlet-lc-l)uc, Dictionnaire raisonné, tome VUI, p · texte numérisé non relu

I. VioIlet-lc-l)uc, Dictionnaire raisonné, tome VUI, p

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Légende des Aliscamps. Vagues souvenirs de luttes contre les Arabes).

Knlîn n'oublions pas de signaler les nombreuses ambassades, les relations directes et régulières qui existèrent entre les princes arabes et les rois de France et dont les chroniqueurs nous ont conservé le souvenir. Kginhard a donné la liste des présents offerts à l'empereur Gharlemagne par le Khalife Ilaroun-Krrachid. Les envois ne consistaient pas seulement en bêtes curieuses, en éléphants et en horloges.

L'art oriental put nous pénétrer directement et authentiquement par cette voie. Un koran écrit en lettres coujiques, conservé actuellement à la bibliothèque nationale, est regardé comme ayant fait partie des cadeaux reçus par Gharlemagne. Le fait est probablement erroné, ainsi que le laisse supposer le dernier auteur du catalogue. Il n'en constitue pas moins, pour nous, la preuve de Texistence d'un vague sentiment de certains rapports internationaux qui se nouèrent sur le terrain de l'art, entre chrétiens et musulmans, pendant le haut moyen âge. Quelques pièces d'ivoire de travail hindou, conservées chez nous de temps immémorial et dont l'une appartient actuellement au cabinet des médailles de la même bibliothèque, ont légendairement les mêmes provenances, sans que la science ait confirmé ou infirmé définitivement l'opinion reçue sur leur mode d'acquisition. Une des mosaïques de l'église de Germigny-les-Prés reproduit la copie d'une miniature persane. Enfin on peut établir que plusieurs des éléments de la décoration romane préexislaienl et coexistaient dans l'ornement de certains manuscrits syriaques et coptes antérieurs à l'an mil.

La pénétration de Fart occidental par l'art arabe est donc établie par des preuves surabondantes, qu'il n'est plus permis de nier.

GoNCLlSlON

Nous allons nous séparer, Messieurs, après six mois d'entretiens hebdomadaires.

J'espère que vous voudrez bien ne pas trop regretter le temps que vous m'avez donné.

i/klkMknt ARABK "25'/

Vous commencez à aborder résolument le problème des orijçines de notre art national.

Vous savez dès maintenant que ce problème n'a pas la simplicité qu'on lui avait naïvement attribuée jusqu'ici.

On parlait autrefois d'une source unique. Vous avez pu constater qu'il y a au moins cinq, sources principales au point de vue des inspirations et du tempérament : la source gauloise, la source romaine, la source byzantine, la source septentrionale et barbare, la source arabe.

Ces cinq sources qui, elles-mêmes, sont toutes complexes, peuvent se réduire à deiix éléments simples : l'élément oriental absolu, pur et libre, dont relèvent principalement ou sensiblement quatre de ces sources et l'élément romain ou latin, produit expurgé de la civilisation classique, d'oij le principe oriental primitif a été éliminé.

Nous verrons l'année prochaine, en étudiant l'art carolingien et l'art roman, quel est celui de ces deux éléments qui a pris la part la plus considérable à la formation de l'art gothique.

Messieurs, à l'année prochaine I

ConiAJon. Lki.ioVs. 17

DOCUMENTS COMPLÉMENTAIRES

BinLIOGRAPIIlE DE LA 2i<* Ll.ÇON

Alexandhe liÉRAnn, UInva»ion arabe dans la Braise^ les Bombes et U* Bugey.

A. DE LoNGPâniEH, Bevup Archéol.j tome XIV, p. 66 . fVaso oriental du musée du Louvre connu sous le nom de Baptistère de Saint-Louis.)

J. QuicuERAT. Mâlanf/es (T. II) . Développement du sentiment arabe vers lexi*^ siècle.

— Bévue archéoL N. S. tome VI, 2«* partie, p. 356, 367, pi. n» XXXI, 1865. — Vase arabo-sicilien de l'œuvre Salomon.

Gailhabaui). L'architecture du v'' au \\\\^ siècle, tome IL Influence arabe aux xi** et xii* siècles, causée i)ar les relations politiques et les relations commerciales.

A. DE LoNGPi'niEn, Bévue archM., tome II, p. 704, pi. 45 : Petite chasse émaillée appartenant à M. Mimé à Limoges, et Ciboire de Montmajour. — Page 702 : le Danseur de Bourges. Page 700 : Porte de l'Église du Puy en Vêla y.

VioLLET-LE-Drc. Dictionnaire raisonné (l'architecture Les chai)iteaux de la porte occidentale de Saint-Martin de Brives présentent une composition d'ornements qui rappelle IbH les chapiteaux, non plus byzantins, mais arabes, d'une éi)oque reculée.

Chaboiillet. Catalogue des collections de Louis Fould (Paris 1861, n-folio) , p. 178 et suiv.

^xinée Scolaire lôôl-lsôâ

LEÇON D'OUVERTrHK

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