‹ Leçons professées à l'École du LouvreChapitre 35 sur 93 · LA SCULPTURE A MILAN, A BOLOGNE, A PADOUE · texte numérisé non relu

LA SCULPTURE A MILAN, A BOLOGNE, A PADOUE

il y en a eu de tout temps et partout. Je ne les nie pas au xui*^ siècle ; j'ai prouvé leur existence absolue en Italie; j'ai établi leur existence intermittente et passagère en France à la lin du xni'' siècle. Ce que je nie, c'est que ces influences aient été dominantes à la lin du xir*^ siècle et que ce soit d'elles que soit sorti d'une manière j^énéraie le courant d'art renouvelé, improprement nommé Renaissance dans le sens actuel du mot.

En France et en Italie on était plus près de la péi'iode classique de la Renaissance, en tant qu'imitation de l'antique, on était, dis-je, plus près de la Renaissance à la fin du xni'' siècle, qu'à la tin du xiv^. On était plus près aussi de lintelligencede l'antique. Ce n'est pas un paradoxe, c'est la pure expression de la vérité. Les faits vous l'ont déjà démontré et vous le démontreront encore. Ce que je tiens à établir vis-à-vis de mes contradicteurs — et vous voudrez bien me prêter à cet égard votre témoignage — c'est que, loin de négliger dans l'art européen du moyen âge les ingérences de l'art antique, je suis le premier à les rechercher et à en proclamer l'existence quand il y a lieu de le l'aire, mais en établissant bien le moment précis où ces ingérences se produisent et la manière dont elles se révèlent. Je ne suis pas de ceux qui ont professé a priori l'enfantement direct de la Renaissance par l'antique au commencement du xv" siècle et qui ont si longtemps ignoré la valeur et la signification de la Renaissance — classique, celle-là, et bien directe — renaissance momentanément inaugurée en Italie par Nicolas de Pise.

Et maintenant revenons bien vite à notre chapitre spécial de l'art italien au xiv'- siècle. Nous en sommes restés, avant les vacances de Pâques, au tableau de la sculpture italienne à Rome pendant la seconde moitié du xiv'' siècle et le premier quart du xv" siècle. Je vous ai fait voir dans quel état déplorable l'art italien était tombé précisément dans la ville la plus riche en souvenirs antiques et cela à la veille de ce qu'on appelle la Renaissance classique, de la Renaissance inspirée uniquement par l'imitation de l'antique.

Vous savez maintenant que de toutes les écoles locales italiennes la plus pauvre, la plus plate, la plus grossière, la plus nulle, la plus dépourvue de beauté plastique, la plus gothique et la plus inintelligemment gothique, c'était précisément l'école romaine de la lin du xiv" siècle et du commencement du xv"^. N'oubliez pas

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