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LA SCULPTURE A MILAN, A BOLOGNE, A PADOUE

notamment les photographies des tombeaux de Sainte-Marie du Trastevere que j'ai mises sous vos yeux.

Je vais continuer ma démonstration en vous présentant le taiîleau de ce qu'était la sculpture dans d'autres centres alors beaucoup moins pénétrés de la culture antique. Nous parlerons de l'art du Nord de l'Italie et en dernier lieu de celui de Florence.

Il y a des veines en art qui se juxtaposent sans toujours se suivre comme les filons d'une mine. Vous n'avez pas oublié ce qu'on sculptait à Rome de 1397 à 1417. Je vous ai montré ce qu'on appelle la sculpture romaine de la fin du xiv*^ siècle et du commencement du xv° Eh bien! voici ce qu'on sculptait à Milan pendant le même espace de temps ! Mais, avant de vous faire passer les photographies, quelques considérations préliminaires.

Je ne saurais trop vous le répéter, ce qui caractérise la fin du xiv" siècle c'est un immense effort collectif de l'Europe pour créer un art nouveau avec les seuls éléments fournis par l'art antérieur, c'estti-dire par le grand art gothique du moyen âge. Toutes les nations aspiraient au même but et, parties à peu près du même point, se rencontraient quelquefois dans les développements naturels et nécessaires de leurs principes, peut-être sans s'être donné le mot.

Tout l'art de l'architecture de la fin du xiv'' siècle et du commencement du xv" siècle a besoin d'être étudié d'une façon internationale. On verra combien tout s'éclaire quand on consent à ne plus s'enfermer, pour ses observations, dans les limites géographiques de tel ou tel peuple. On peut s'isoler en France pour étudier et pour comprendre l'art du xni*' siècle et de la première moitié du xiv*^ siècle. Il n'en est pas de même pour la fin du xiv'^ siècle et le commencement du xv".

La cathédrale de Milan, fondée en 1386, est, à cet égard, un monument bien précieux à consulter. C'est le produit le plus considérable de l'art collectif de l'Europe au moment où cette poussée générale vers la Renaissance s'accentue définitivement. Les premiers architectes furent incontestablement des Allemands.

(Voir sur le dôme de Milan principalement le travail de Mongeri dans VArle in Milann.) Je m'arrêterai surtout sur un artiste, Jacopino da Tradate, et sur un monument qui est très fécond en enseignements.

CouRAJOD. Leçons II. 15

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« Le seul sculpteur de mérite que nous trouvions à Milan pendant les premières années du xv*^ siècle est Jacopino da Tradate (dit Perkins, tome II, p. 135); dès 1410, il travaillait déjà pour la fabbrica del Duomo à laquelle il ne fut définitivement attaché que cinq ans plus tard. Lorsqu'il eut, suivant la coutume, passé un examen devant une commission nommée à cet effet, celle-ci le recommanda hautement pour son honnêteté, son instruction et sa grande habileté à traiter la figure, les animaux et les ornements, et conseilla de lui adjoindre trois jeunes élèves dont il ferait l'éducation. Peu de temps après l'admission de Jacopino (Libro di Memorie e Documenti Galvi, op. cit.., t. I, p. 139), Filippo Maria envoya à Turin au-devant du pape Martin V, nouvellement élu à Constance el qui retournait alors à Rome, des ambassadeurs pour l'inviter à venir à Milan. Le pontife ayant accepté l'invitation du duc fit son entrée dans la cité (16 oct. 1418). Pendant son séjour dans la capitale lombarde, il consacra le maître-autel de la cathédrale en présence de plus de cent mille fidèles. En commémoration de cet événement on décida l'érection d une statue colossale du pape dans la cathédrale même. Cet important travail fut confié à Jacopino, qui triompha à son honneur des difficultés qu'offrait l'érection d'une statue deux fois plus grande que nature. Le pape, en costume d'apparat, tenant les clefs d'une main et l'autre levée pour bénir, siège sur un trône recouvert de di^aperies. La figure est remplie de naturel et de dignité...»

Les vers qui font partie de l'inscription du monument permettent d'apprécier la nature des éloges que celte œuvre valut à Jacopino da Tradate :

De Tradale fuit Jacohus in ar le pro fondus Nec Praxitèle minor.

Je vous ai déjà signalé une comparaison entre un artiste du xiv'' siècle de la cour de Charles \'I et l'artiste grec. Cette autre comparaison fut faite en France par un Finançais.

Je citerai encore comme œuvre délicate de la deuxième moitié du xiv" siècle, d'un atelier italien travaillant dans le Nord autour de Bologne, de Ferrare etc., deux petites figurines en marbre du musée de Berlin venant de la collection Castellani, qui les croyait bourguignonnes. (Les Italiens ne connaissent pas l'art gothique de

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