JACOPO DELI.A QLERCIA-GHIBERTI
concours si précieux pour moi de voire Hlleiition. \'ous avez bien voulu être les adhérents de la première heure en dépit des attaques des pédants. \'ous avez consenti à partay^er une doctrine qui nétaiL pas celle de la majorité. Nous avons beaucoup risqué ensemble, car nous avons bravé la chose la plus difficile à braver dans notre pays, le ridicule. Mais la face des choses est en train de chan{i^er. La minorité à laquelle vous appartenez est à la veille de devenir majorité. De nombreuses adhésions à ma doctrine me sont parvenues, surtout de l'étranger. Mes contradicteurs, s'ils veulent conserver leur clientèle, vont être obligés d'opérer une évolution. Dans quelques années d'ici, tout ce que j'ai eu le périlleux honneur de vous démontrer sera devenu opinion courante et ceux qui crieront le plus fort seront les nouveaux convertis.
Ce qui me fait augurer aussi bien de l'avenir, c'est une conversation que j'ai eue récemment avec ^I. Eugène Guillaume que mes contradicteurs supposaient partisan des vieilles théories. J/éminent professeur du Collège de France ma spontanément déclaré quil partageait absolument ma manière de voir sur les origines de la Renaissance et qu'il était convaincu que le mouvement initial de cette restitution était parti de la Flandre et de la France du Nord. Il m'a autorisé, sur ma prière, à vous faire part de son sentiment. Avis aux rédacteurs de lettres anonymes. La théorie qu'ils insultent au nom des grands principes est précisément celle du Collège de France.
Ne croyez donc pas. Messieurs, que je veuille m'enfermer dans un dédaigneux isolement. Je serai très heureux de mappuyer sur le consentement universel, dès qu'il se sera manifesté. En attendant, je suis profondément reconnaissant à M. Guillaume de l'avoir devancé en me couvrant de son autorité pendant que la bataille est encore indécise et que les gros escadrons ne sont pas de mon côté. Allons, mes chers contradicteurs, vous étiez plus nombreux encore que braves. \'ous ne pourrez plus répéter ce mot terrible de \ œ Soli\
11 me reste à vous parler de l'œuvre de quelques grands artistes du commencement .du xv*" siècle.
Jacopo délia Quercia conserva jusqu'à la fin de sa carrière les traces de son origine. S'il témoigne par l'agrandissement de son style de l'influence exercée sur lui par l'art antique remis en lumière