‹ Leçons professées à l'École du LouvreChapitre 63 sur 93 · CAUSES MORALES ET POLITIQUES DE LIM'LUENCE ITALIENNE · texte numérisé non relu

CAUSES MORALES ET POLITIQUES DE LIM'LUENCE ITALIENNE

dans le Choix de pièces relatives au règne de Charles VI, publiées par Douet d'Arcq, p. 112, le document suivant : Instructions des ambassadeurs français envoyés vers le pape pour la création d'un royaume d'Italie pour Louis, duc d'Orléans, / 393.

Le marquis de Laborde estime, et je crois avec raison, que l'alliance de la cour de France avec celle de Milan eut une influence sur les progrès et Torientation nouvelle des arts [Les ducs de Bourgogne t. 1, Introd., p. m) : « Le mariage de Louis d'Orléans avec la belle Valentine de Milan est un événement considérable par les conséquences qu'il eut sur la politique de la France, et sur la direction de sa littérature, de ses mœurs et de ses arts. La fille du duc Galéas Visconti avait à la fois la grâce qui séduit, la beauté qui impose, le rang élevé qui domine ; habituée au grand luxe de la cour la plus brillante de l'Italie, elle apportait en France, à la fin du xiv" siècle, ses goûts différents des nôtres, ses bijoux, ses modes, ses objets d'art. Elle apportait, en outre, avec une dot de quatre cent cinquante mille florins, la souveraineté sur la ville et le comté d'Asti. » Cependant il ne faut pas exagérer les influences italiennes introduites par Louis d'Orléans. L'élégance des goûts du duc Louis d'Orléans est restée célèbre et en quelque sorte proverbiale, mais le duc était avant tout, par son goût, profondément français ou franco-flamand. En somme, Louis d'Orléans, fils de Charles V et frère de Charles VI, a pu et dû connaître l'art italien, mais il est resté profondément franco-flamand et septentrional (Chapelle des Célestins, Pierrefonds, La Ferté-Milon, etc..)

Le duc Jean de Berry, lui aussi, était un admirateur convaincu de l'art franco-flamand. Je vous l'ai prouvé l'année dernière. Ses maîtres favoris étaient, en architecture, Drouët de Dammartin et Beauneveu de Valenciennes, avec qui Froissart nous apprend qu'il devisait, c'est-à-dire qu'il faisait des plans. — Drouet bâtit probablement ses châteaux de Mehun-sur Yèvre, son palais de Poitiers, celui de Riom. Malgré cela le duc Jean de Berry avait du goût pour les arts gothiques de l'Italie. Il possédait et, qui mieux est, il commandait des retables d'ivoire italien très importants. Des objets incontestablement italiens se rencontrent dans l'inventaire de ses collections, qui étaient merveilleuses et telles qu'il n'y en avait pas de pareilles nulle part en Italie. La bibliographie

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