‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 25 sur 88 · SOUBCES D£ LA CHALEUR ANIMALE · texte numérisé non relu

SOUBCES D£ LA CHALEUR ANIMALE

nomènes moléculaires du travail d'assimilation, phénomènes dont quelques-uns peuvent s'accompagner d'un dégagement de calorique.

Vous savez que la contraction musculaire est encore un*^ source de chaleur à ajouter aux précédentes. Les expériences de Becquerel et Breschet qui ont, les premiers, nettement constaté que la température s'élève dans un muscle mis en contraction, ont été confirmées par tous les auteurs qui les ont répétées (1).

Le frottement du sang contre les parois cardio-vasculaires engendre peut-être de la chaleur ; mais c'est là, probablement, une cause calorifique à peu près négligeable.

Enfin, les recherches modernes paraissent avoir établi que les actions nerveuses peuvent elles-mêmes donner lieu à une production de chaleur. C'est du moins ce qui résulterait des investigations de M. Schiff (2). Je n'insiste pas sur le travail si intéressant de ce physiologiste, publié dans nos Archives de physiologie . Il s'agit de recherches thermoélectriques extrêmement délicates, et dont les résultats ne pourront être définitivement admis que lorsque les expériences auront été répétées encore. Il y a, malgré les précautions prises par ce physiologiste, tant de causes d'erreur qui ont pu fausser ses conclusions! Parmi ces causes, je n'en signalerai qu'une, pour ce qui concerne les

(1) On peut rappeler, à ce propos, que MM. Heidenbain et KOrner (*) ont trouvé que la température des parois du cœur est supérieure à celle du san^f intra- cardiaque. Ce fait a été confirmé par MM. Stricker et Albert (**).

(2) Moritz Schifl. Recherches sur Réchauffement des nerfs et des centres nerveux, à !a suite des irritations sensorielles et sensitives (Archites de physiologie normale et pathologique, 1869, p. 157 et suiv.).

I*) Baidtfohain et KAraer. Beitrâç* sur Température Topographie dee SaitffethiertOrpert (Inang. Dis^ert. Bre»Un» 1870).

{**) Stiuûurat Albert (WteoerMed. Jahrbfleher, J,1873).

TULPLàlU II. — 12

178 DtX-NEUYlÂMB LEÇON.

centres nerveux. Comment Télévation de température qui peut être due à une modification du travail fonctionnel d^une partie de l'encéphale, peut-elle être distinguée de celle qui provient d'une dilatation vasculaire, d'un afflux plus considérable de sang dans cette partie? L'échauffemenf, constaté sous l'infloence d'une excitation des hémisphères cérébraux, et attribué à l'exagération de fonction de ces hémisphères, ne dépend-il pas d'un d^ré plus ou moins considérable de fluxion sanguine, déterminée dans ces centres nerveux par une action vaso-dilatatrice réflexe?

n y a donc, vous le voyez, des sources multiples de chaleur animale ; et ces sources existent non-seulement chez l'homme et chez les animaux dits à sang chaud ou à température constante, c'est-à-dire les mammifères et les oiseaux, mais encore chez les animaux dits à sang froid ou à température variable. L'activité de la production de chaleur est difiérente dans ces deux groupes d'animaux, et c'est pour cela que les uns (mammifères et oiseaux) peuvent maintenir leur chaleur intérieure à un degré à peu près invariable, quelle que soit la température du milieu extérieur, tandis que les autres (vertébrés inférieurs et invertébrés) ne peuvent résister que très-imparfaitement aux variations thermiques de ce milieu, de telle sorte que leur propre température ne difière que peu, sauf dans quelques circonstances (insectes, par exemple, après une période de mouvements violents), du fluide (air oo eau) dans lequel ils vivent.

Si nous bornons nos études aux vertébrés supérieurs, aux mammifères et à l'homme, nous pouvons nous repré* senter, — en calculant, d'une façon approximative, le rendement de tous les phénomènes qui, chez eux, engendrent à chaque instant de la chaleur, — que le calo-

Page 1