‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 24 sur 88 · SOURCES DB LA CHALEUR ANIMALE · texte numérisé non relu

SOURCES DB LA CHALEUR ANIMALE

éprouver la chaleur animale. Mais pour que vous puissiez me suivre sans difficulté dans cette étude, il importe de vous rappeler quelques notions de physiologie, relatives au rôle que joue Tappareil vaso-moteur, à l'état normal, dans la fonction de calorification.

Vous savez que les physiologistes sont aujourd'hui unanimes pour admettre la théorie deLavoisier, dans ce qu'elle a de fondamental. La principale source de la chaleur animale est la combustion qui s'opère dans nos tissus, sous rinfluence de l'oxygène apporté par le sang artériel. Cette combustion n'est pas absolument immédiate, et Tacide carbonique qui en est un des produits les plus importants, est, en partie, le dernier terme d'une série de phénomènes chimiques qui ont lieu dans les tissus. Nous ne pouvons pas, sans perdre notre sujet de vue, entrer dans le détail de ces phénomènes. Des actions chimiques du même genre donnent naissance à de Teau ; d'autres actions, plus ou moins analogues, donnent naissance à la cholestérine, à l'urée, à l'acide urique, aux acides de la bile, à la matière colorante de ce fluide, à la xanthine, à la cystine, à la créatine et à la créatinine , à l'acide lactique , à l'acide sudorique, etc., etc. Ces différents produits de la désassimilation nutritive sont éliminés par les poumons, par la peau, par l'intestin, par les voies urinaires. Plusieurs d'entre eux peuvent être considérés comme le résultat d'une oxydation plus ou moins directe de la substance organisée, d'une sorte de combustion, et cette oxydation s'accompagne sans doute d'une production de chaleur (1). Ces substances que nous pouvons saisir et étudier, parce

(1) Voyex pour les divenes sonrces chimiques de la chalenr animale : Berthelot, Sur la chaleur animale (Journal de TAnatomie el de la Physiologie de l'homme et des animaux, 1865, t. Il, p. 652 et suiv.).

176 mX-NEUYlÈMli LEÇON.

qu'elles sont élimiDées par les éraoncloires physiologiques, ne sont pas certainement les seules qui résullent du travail de combustion désassimilatrice dans les tissus. Des produits divers passent encore, vraisemblablement, des tissus dans les vaisseaux capillaires sanguins ou lymphatiques, et sont à ranger au nombre des matiëi'es récrémentitielles, c'est-àdire de ces matières qui', sorties du sang, ou formées dans les tissus, aux dépens des substances fournies par ce liquide, rentrent dans les vaisseaux sanguins, soit immédiatement, soit par l'intermédiaire des lymphatiques, pour servir à la combustion physiologique, ou pour être mises à profit par la nutrition intime et les sécrétions, après avoir subi des modifications diverses dans l'appareil circulatoire sanguin. La formation des liquides de sécrétion s'accompagne d'un travail moléculaire intime qui est aussi une source de chaleur. Des expériences précises, dues à M. Cl. Bernard, à M. Ludwig et à d'autres physiologistesi ont démontré, de la façon la plus nette, que la température s'élève d'une notable façon dans les glandes en activité sécrétoire. C'est ce qu'on a constaté notamment pour les glandes salivaires» pour le foie, pour les reins, pour la muqueuse gastrique et la muqueuse intestinale, etc. Le sang qui sort de ces organes est plus chaud que le sang qui y pénètre. Le liquide sécrété est plus chaud que le sang des artères des glandes : c'est ce qui a été prouvé par M. Ludwig pour la salive et les glandes salivaires. Ce n'est là, du reste, qu'une exagération de ce qui a lieu dans tous les organes; car, partout, si des causes extérieures de refroidissemeiit ne venaient pas modifier les phénomènes, on constaterait que le sang des vaisseaux afiérents est moins chaud que !e sang des vaisseaux efférents. Partout, d'ailleurs, en outre du travail de désassimilation, il y a à tenir compte des pbé-

Page 1