‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 60 sur 88 · UÉUORKUAGIËS PAR LÉSIONS DES CENTRES NERVEUX. 5M · texte numérisé non relu

UÉUORKUAGIËS PAR LÉSIONS DES CENTRES NERVEUX. 5M

eccbymotique de la membrane muqueuse de l'estomac. Les parties ecchymosées des poumons étaient en même temps œdématiées (1).

Tous ces faits ne me paraissent pas pouvoir s'expliquer par le mécanisme admis par M. Brown-Séquard. Pour ne parler que des poumons, rien ne prouve que des contractions de certaines veines pulmonaires puissent être assez énergiques pour opposer un obstacle infranchissable au sang amené dans les capillaires correspondants par les ramiQcations de Tartère pulmonaire. Il n'est même pas prouvé qu'une occlusion complète de ces veinules pourrait avoir pour résultat une rupture des capillaires pulmonaires. M. Brown-Séquard nous dit bien qu'il a vu, dans quelquesunes de ses expériences, des parties des poumons dans lesquelles la contracture vasculaire était telle qu'elles étaient tout à fait anémiées (2). Mais cette anémie était-elle réellement due à une contracture vasculaire ? Les artères pulmonaires peuvent-elles présenter un pareil degré de

tienneot confirmer ce que je dbaîs dans mon cours, lorique je cherchais à démontrer que les léàoQs de Tisthme do l'encéphale ne sont pas les seules qui puÎMent donner lieu à ces sortes d'hcmorrhagie Q.

M. Jehn a constaté aussi, mais chez l'homme, dans des cas de lésions cérébralesy des extratasations sanguines intra-pulmonaires, paraissant formées do sang artériel, occupant parfois des ilôts entiers, et nettement circonscrites. 11 n'a pas trouvé de caillots dans les vaisseaux. Les autres parties des poumons étaient œdématiées et contenaient des îlots de pneumonie. Les lésions cérébrales étaient variées : tantôt il s'agissait d'une pacbyméningite hémorrhogiquc, tantôt d'une rongeur dilAïae de quelques circonvolutions, tantôt d'une apoplexie capillaire de la substance corticale {**),

(1) L'œdème pulmonaire, accompagnant les ecchymoses et fortes congestions des poumons, n'est pas rare dans ces cas de lésion encéphalique, et cet œdème est constitué par une sérosité notablement trouble.

(2) Brown-Séquard (Archives of Scientiflc and Practical Medicine, p. 151).

(*1 NoUiDtfal. Lungenhàmorrhagi« naeh BimverUizung (CcntrAlbktt , 1874, p. 809. —

Aicnivet de Méd., 1875, I, p. 82t).

(**) Jeha. Vcrbreitfte capillare Àuttritté hêllrothen BluU in dai LunjcnQcwebe bei Gthirnleidcn (C«utf«lblatL...., 1874, p. 340. — ArohÎTM dt Mèd. , 1875, p. 221).

5i!i2 VltCGT'ClNQUIÈMB LEÇOll.

resserrement spasmodique? Ce sont des points sur lesquels le doute est encore permis jusqu'à nouvel ordre. J'ai faradisé plusieurs fois le premier ganglion thoracique et les nerfs qui en partent, sans pouvoir déterminer ainsi une anémie notable d'une partie quelconque du poumon correspondant. J'ajoute, en vous rappelant ce que je vous ait dit ailleurs, que la faradisation des nerfs vagues ne m^a pas donné , au point de vue de leur effet sur les vaisseaux des poumons, des résultats plus satisfaisants.

M. Brown-Séquard pense que ces congestions et ces ecchymoses des poumons et de diverses parties du corps, observées à la suite de blessures du pont de Varole ou de la galvanisation de cette partie de l'encéphale, se produisent sous l'influence d'une irritation des nerfs vaso-moteurs. Mais ne peut-on pas se demander si elles ne seraient pas plutôt le résultat d'une paralysie, dite réflexe, de quelquesuns des nerfs vaso-moteurs destinés aux poumons, ou aux autres parties dans lesquelles on trouve des ecchymoses? Une lésion des centres nerveux, une blessure du pont de Varole, par exemple, déterminerait, par le mécanisme que nous avons indiqué, une cessation plus ou moins complète du tonus des vaisseaux de telle ou telle partie du corps, d'où congestion, pouvant aller jusqu'à la rupture des capillaires.

Je vous ai dit, d'ailleurs, dans une autre leçon (1), que, dans certains cas, les altérations ecchymotiques de Tesli^mac, trouvées lors de la nécropsie des animaux qui oiil subi des lésions du système nerveux, offrent des caractèrvs analogues à ceux des hémorrbagies par obstructions artérielles. J'ai observé qu'il peut en être de même, pour les

uïSmouiuiagies na lésions des ckntres nerveux. 5^3

ecchymoses et apoplexies pulmonaires de même origine. On constate alors que les vaisseaux en rapport avec les parlies altérées des poumons sont obturés par des caillots. On pourrait donc se demander si, dans certains cas, les bémorrhagies viscérales et autres, trouvées à Tautopsic d'individus morts par suite de lésions des centres nerveux, ne tiendraient pas à des obstructions vasculaires primitives (ecchymoses et bémorrhagies pulmonaires) ou secondaires (ecchymoses et bémorrhagies des autres organes). Mais assurément cela ne pourrait pas être consi* déré comme une théorie générale, surtout s'il est bien exact que les altérations hémorrhagiques dont il s*agit se forment, sous les yeux de Texpérimentateur, après qu'on a lésé les centres nerveux.

Voici le résumé de deux expériences que j'ai faites récemment, pour chercher à voir se former des ecchymoses pulmonaires immédiates, sous l'influence de lésions do risthme de lencéphale.

£xp. V. — Sur un cobaye adulte, on met à au la trachée ; on l'ouvre et Ton pratique la respiration artificielle.

On ouvre rapidement le thorax sur la ligne médiane du stcmuig. Les poumons offrent les caractères de Tétat normal.

On enfonce un poinçon an travers de la partie supérienre de l'occipital, et l'on traverse, avec cet instrument, le cervelet et la partie sous-jacente de risthme de l'encéphale. On continue la respiration artificielle pendant près de dix minutes, sans voir se produire la moindre ecchymose à la surface des poumons. On coupe le cou de l'animal un peu en avant des épaule»» et Ton examine aussitôt les différents viscères.

L'instrument a traversé le pédoncule droit du cerveau, près de sa partie la plus interne.

Les poumons présentent, sur toute leur surface, de petites ecchymoses ne dépassant pas 2 ou 3 millimètres de largeur. La muqueuse de l'estomac n'offre ni ecchymoses, ni taches congestives. Riea à noter non plus dans les autres viscères.

5)/i VINGT-GINQUIKMK LEÇON.

Bien qu'on n'ait pas vu, dans cette expérience, des ecchymoses sous-pleurales, pendant la vie de ranimai, cependant on en a trouvé de nombreuses après la mort. 11 est bien difficile de comprendre le mécanisme par lequel se sont formées ces taches ecchymoliques. Peut-être y a-t-ii eu, sous l'influence de la lésion de l'isthme de Tencéphale, une paralysie des petits vaisseaux dans différents points des poumons. S'il eu est ainsi, il est possible qu'après la moH, au moment où a lieu le resserrement des artérioles et veinules à tunique musculaire, les petits vaisseaux paralysés n'aient pas participé à ce resserrement : le sang refoulé dans ces petits canaux et dans les capillaires correspondants s'y sera accumulé et aura pu les rompre en quelques points, pour s'infiltrer dans le tissu voisin. En' tout cas, il est certain, je le répète, qu'il ne s'est pas produit d'ecchymoses immédiates dans les poumons de ce cobaye, par suite de la lésion de l'isthme de l'encéphale.

Dans l'expérience suivante, les résultats OBt été tout à fait négatifs.

Ex?. VI. — Cobaye adulte. Trachée mise à nu, Respintion irtîficMr. Ouverture du Uiorax sur la ligne médiane antéro-poetérienre du ilmiiiai. Oa traverse la paroi crânienne i l'aide d'un poinçon, an niveau de la partie rieure de Toccipilal, et Ton ftut pénétrer rinstrument au treven da et de l'itthme de l'encéphale, jusqu'à la base du crâne. Aucun chaiifeneat de la coloration des poumons. Ces organes conservent leur cooleiir noraak pendant toute la durée de la respiration artificielle (8 i 10 minutes) après qu'on a prat^ué cette lésion. On coupe le cou de l'animal.

La lésion de Tencéphale siège au niveau du bulbe rachidien qui a élé tnvene obliquement, du bec du calamus ven la surface inrérieure de la antérieure gauche.

Aucune altération de la membrane muqueuse de rcstomac. Les n'offrent point d'ecchymoses.

Ces expériences nous montrent, en résumé* que les bib observés par M. Brown-Séquard ne sont pas aussi fréquents

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