HEMORRUAGIES DUES A DES NÉVRALGIES
se montrer noD-seulement chez des femmes non enceintes, mais encore dans le cours de la grossesse ; que, dans ce dernier cas, elles pouvaient en imposer pour des signes de travail abortif, et que, du reste, elles pouvaient entraîner l'avortement par décollement du placenta. Lorsque ces bémorrhagies ont lieu chez des femmes non enceintes, elles peuvent faire supposer l'existence d'affections utérines (métrite, corps fibreux, etc.). La recherche attentive des points douloureux qui caractérisent la névralgie lombo-sacrée, le siège superficiel, cutané, de ces douleurs, conduisent au véri-table diagnostic. Les bémorrhagies, d'ailleurs, sont précédées par la névralgie; elles offrent des périodes d'arrêt et de retour, ou des variations d'abondance qui coïncident souvent avec la succession des moments de calme ou d'exa* cerbation que présente la névralgie. D'autre part, ces écoulements sanguins disparaissent d'ordinaire sous l'influence d'un traitement exclusivement dirigé contre l'affection névralgique. M. Marrotte n'hésite donc pas à considérer les hémorrhagies dont il s'agit comme des phénomènes secondaires, déterminés par la maladie nerveuse, et il les rapproche des congestions et des sécrétions exagérées (sudorale, salivaire, lacrymale) qu'on observe dans le cours d'autres névralgies. Dans un mémoire plus récent, M. Marrotte a cherché à démontrer l'influence que les névralgies lombo-sacrées peuvent exercer sur la production de Thématocèle rétro-utérine (1).
Rapprocher ces hémorrhagies des congestions d'origine névralgique, c'est indiquer qu'elles se produisent par le même mécanisme; car l'écoulement de sang ne doit être, dans ce cas, que le résullat d'une congestion poussée au
(1) Marrotte. Considérations nouvelles sur la pathogénte de Vhématorèfe raro-utérine (Archive! gén. de Méd., 1873, II, p 26 H Miiv.\
VI'LPUV. II. - 34
530 VINGT-CINQUIÊMB LEÇON,
delà de cerlauies limites. C'est ce que nous avons dit déjà à propos des sueurs de sang. Ici, dans le cas de métrorrhagie due à une névralgie lombo-utérine, il est facile de comprendre qu'une congestion exagérée doit avoir pour suite une hémorrhagie tout à fait comparable, comme cause prochaine, à celle qui a lieu dans le flux cataméoiaL Lorsque la névralgie existe au moment des règles, l'hémorrhagie menstruelle peut être beaucoup plus abondante et plus durable, parce que la congestion doit être plus forte et moins passagère que dans Tétat de santé. Quant à la congestion qui donoe naissance, dans les conditions morbides dont il s'agit, à Thémorrhagie utérine, elle est déterminée dans tous les cas par Taffaiblissement de ractivité des centres vaso-toniques de l'utérus, affaiblissement ajaot pour cause une excitation suspensive dont le point de départ peut varier : utérus, nerfs utérins, centres nerveux eux-mêmes.
Les métrorrhagies qui ont lieu, dans les cas de corps fibreux de l'utérus, se produisent évidemment aussi par le môme mécanisme. Elles sont le résultat d'actions vasin dilatatrices, dites réflexes : comme l'existence de fibn*vaso-dilatatrices, destinées aux vaisseaux de l'utérus, n'a pas été constatée jusqu'ici, nous devons, provisoirement au moins, nous en tenir au mode général d'explication que nous avons indiqué. Une excitation des fibres centripètes de l'utérus, due au développement et à la présence des corps fibreux dans l'épaisseur des parois de la matrice, est conduite aux centres qui régissent le tonus des vaisseaux utérins. Sous Tinfluence de cette excitation, soit par suite de son intensité, soit à cause de sa nature spéciale, lactivile tonique de ces centres est affaiblie ou suspendue, le tonus vasculnire diminue ou cesse complètement dans les pan»is
UÉitfORAUAaiHS PAU LÉSIONS D£S CRNTaBS NiiaVEUX* 5oI
el la membrane muqueuse de l'utérus. De là, congestion plus ou moins intense, ayant pour conséquence fréquente ou habituelle un flux métrorrhagique plus ou moins aboDJant. Il en est de même dans les cas de polypes utérins (1).
Les névralgies traumatiques peuvent donner lieu à des congestions et à des hémorrhagies secondaires : c^est là un fait intéressant et très-utile à connaître, sur lequel M. Yerneuil a appelé, d'une façon toute spéciale, TattentioD des chirurgiens. Le sulfate de quinine, comme il Ta montré, est alors, en général, le meilleur remède à opposer à ces hémorrhagies (2) .
Les lésions des centres nerveux peuvent déterminer la production d'hémorrhagies dans diverses parties du corps, principalement dans les viscères thoraciques et abdominaux. Je vous ai déjà indiqué les principaux faits relatifs à ces hémorrhagies : je puis, par conséquent, me borner ici à vous en dire quelques mots. Nous avons vu (â) que les lésions des centres nerveux, surtout celles des couches optiques et des pédoncules cérébraux, peuvent, comme Ta montré expérimentalement M. SchifT, déterminer des ecchymoses, suivies ou non d'ulcérations, dans la membrane muqueuse de Testomac, et j'ai fait voir que des congestions extrêmement violentes, avec hémorrhagie in-
(1) Ces hémorrhagies sont souvent très-abondantes et très-durables. Gomm« toutes les hémorrhagies^ elles peuvent, par leur abondance même, produire rapidement une anémie qui déterminera une excitation des divers centres vasomoteurs de l'axe cérébro-spinal et qui contrihuei a ainsi à diminuer ou à foire cesser même, par suite de la constriction des vaisseaux, Técoulement du sang.
(2) Ar. Verneuil, Des névralgies traumatiques secondaires précoces (Archivi gén. de méd., nov. etdéc. 1874. — Tirage à part, p. 52 et suiv.).
(3) T. I, p. 215 et suiv.; p. 445 et suiv ;^p. 401 ; p. 463.
552 ViNGT-ClNQUlÈME LEÇON.
testioale, pouvaient se produire aussi dans les intestios, sous rinfluence de lésions expérimentales de l'isthme de l'encéphale. Je tous ai signalé aussi les recherches de M. Browu-Séquard, celles de M. Charcot el divers aaties observateurs sur les hémorrhagies, de siège varié, que peuvent faire nattre les lésions de certaines parties de l'encéphale.
M. Brown-Séquard a publié, en 1851 (1), des faits montrant que les lésions de la région dorsale de la moelle épinière donnent souvent lieu, chez les cobayes, i des bémorrbagies interstitielles dans les capsules surrénaks. C'est là un fait que j'ai pu vérifier un certain nombre de fois chez les mêmes animaux (*2). M. Bouchard a trouvé, dans un cas de myélite aiguë, observé dans le service de M. Béhier, des foyers hémorrhagiques récents dans l'épaisseur des capsules surrénales (3).
M. Brown-Séquard a vu, depuis lors, d'autres exemples d'hémorrhagies déterminées par des lésions des centres nerveux. Ainsi, il a reconnu que les lésions du pont de Varole, au voisinage des pédoncules cérébelleux, donnent naissance à des ecchymoses dans les poumons et parfois à d'abondantes effusions de sang, à de vraies apoplexies dans ces organes (&). 11 a entretenu plusieurs fob la
(1} BrowD-Séquard. Influence d'une partie de la moeUe épinière nr tes capsules surrénaks (Comptes rendus de la Société de biologie, 1851, p. 116).
(2) M. Brown-Séquard a constaté un autre fait intéressant ; c'est que, sons rinfluence de lésions de la moelle épinière^ les capsules surrénales peeteoc subir peu à peu un travail très-net d'hypertrophie et qu'il peut se prodaii coloration du tissu de ces organes par du pigment bématique (*).
(3) Fuit cité par M. Cbarcot (Leçons sur les maladies du systétne \K 115).
(4) Brown-Séquard. On the Production of Hemorrhagia^ Anémia^ (Eden-
(•l U4 0\%u -âc^uaid (t:om«ic:. rviiUiu éê U SMÏétè ds iMlofw, i8U, p. 144; « itthk f ^h
HËMOIIRHAGIIÎS PAR LÉSIONS DES CKNTAISS NERVEUX. 53S
Société de biologie de ces résultats expérimentaux, et il a fait paraître dernièrement un nouveau travail sur ce sujet (1).
Dans ce travail, il démontre que les ecchymoses et les apoplexies pulmonaires trouvées chez des animaux, mt lesquels on a blessé le pont de Yarole ou les points de la base de l'encéphale qui sont voisins de cette région, ne sont pas dues à une compression du tissu pulmonaire entre les parois thoraciques, produisant un brusque et violent resserrement de la cavité du thorax, et l'air retenu dans les poumons par suite d'une occlusion spasmodique de la glotte. En effet, ces lésions ont encore lieu, lorsqu'on a ouvert la cavité thoracique avant de blesser l'isthme de l'encéphale; et, d'autre part, les mouvements respira* toires, chez les animaux intacts, s'arrêtent souvent au moment même où l'on opère cette blessure (2), et, par conséquent, les parois thoraciques ne peuvent intervenir en rien pour amener le résultat observé. M. Brown-Séquard prouve, en outre, que ce n*est pas par l'intermédiaire des nerfs vagues que l'influence de la blessure de l'isthme est
and Emphysema by Injuries to the Base of the Brain (The Laacet, 1871 t. I, p. 6). — Brown-Séquard (Comptes rendus de la Société de biologie, 1872, p. 13 et p. 180).
(1) Brown-Séquard. On Ecchymoses and other Effusions of Biood cattsed by a Nervous Influence (ArchiTes of Scientific and Practical Medicine, 1873, p. 148 et suiv.}.
(2) M. Bro^n-Séquard montrait, en 1871, à la Société de biologie, les poumons de plusieurs cochons d'Inde qui avaient subi une lésion au niteau de la moelle allongée. Dans quelques cas, les poumons ont présenté ou des hémorrhagies, ou de l'œdème, ou de Temphysème, bien que les animaux n*ens8ent fait aucun mouvement respiratoire après l'opération. A la suite de cette communication de M. Brown-Séquard se trouvent des remarques intéressantes, faites par M. Charcot sur le même sujet (* ).
(^ Bi«WD-S4qnard (CoinptM ranUnii de la Société de biolcf ie, i871, p. iOl).
S&h TUfCT-CmOtlliMB LEÇOII.
transmiae aux poamoiis ; car les ecchymoses et les hémorrhagies polmonaîres se montrent encore, sous rinfloence soH de cette blessure, soit d'une irritation mécanique oq galvanique du pont de Yarole, loi t)u on a préalablemrat coupé transversalement, au milieu du cou, les deux ner6 en question. Cette influence, d'après M. Brown-Séquard, suivrait la moelle épinière jusqu'aux points d'où émergent les nidnes des premiers ganglions sympathiques thoradques, et c'est par l'intermédiaire de ces racines et des fibres nerveuses qui partent de ces ganglions, que les blessures du pont de Yarole agiraient sur les poumons. En général, on n'observerait plus d'hémorrhagies pulmonaires, lorsque, avant de blesser l'isthme de Tencéphale, on pratique une section transversale de la moelle épinière en avant de la sixième ou de la septième paire des ner& cervicaux, ou encore, lorsqu'on extirpe les premiers ganglions thoraciques.
Les apoplexies et ecchymoses pulmonaires auraient Ueu immédiatement après la blessure du pont de Yarole « suivant M. Brown-Séquard. On les observerait d'ailleurs encore dans d'autres organes, mais moins fréquemment. Ainsi, en comparant des centaines d'expériences, M. Browo- Séquard dit qu'il a vu ces hémorrhagies immédiates siéger dans l'estomac une fois seulement; résultat trèsHlifférent de celui que l'on constate par rapport aux hémorrhagies plus ou moins tardives. Les ecchymoses qui se forment dans l'estomac quelques jours après les lésions des couches optiques (Schiff), ou après les blessures de l'isthme encéphalique (Brov^n-Séquard) sont, eu efiet, très-fréquentes. Le foie a été le siège d'ecchymoses immédiates, deux fois; les reins, huit ou dix fols; Fendocarde, le péricarde ou le myocarde, dans un tiers des cas environ; les capsules sur-
nÉMORRHAGIES PAR LÉSIONS DBS C8NTRE8 NERVEUX. 535
rénales, dans plus d'un tiers des cas ; les plèvres, dans plus de la moitié des cas; les poumons, dans presque tous les cas. M. Brown-Séquard s'est assuré que les lésions du côté droit du cerveau déterminent des ecchymoses plus fréquemment que celles du côté gauche.
J'ajoute que M. Brown-Séquard a constaté aussi la production d'hémorrhagies interstitielles dans le pavillon de Toreille, sur des cochons dinde soumis à des lésions diverses : blessures des centres nerveux, lésions du corps restiforme, section du cordon cervical du sympathique, section du nerf sciatique (1),
M. Browu-Séquard pense que la rupture des capillaires, qui donne lieu à ces diverses hémorrhagies, aux bémorrhagies viscérales, par exemple, est due soit à une contraction des artères et des veines, se propageant des rameaux vers les capillaires et accumulant ainsi le sang dans ces derniers vaisseaux, jusqu'à rupture ; soit, et plus probablement encore, à une contraction des veinules seules, les capillaires se rompant alors sous Tefiort de la pression augmentée dans les branches correspondantes de Tartère pulmonaire.
J'ai observé aussi, dans un grand nombre d'expériences, des ecchymoses des poumons, à la suite de lésions de l'encéphale. Je puis vous montrer aujourd'hui des poumons qui offrent des altérations de ce genre, survenues dans ces conditions expérimentales. Voici, en quelques mots, le résumé du fait dont il s'agit :
Exp. H. — Le 27 mai 1873, on cherche à piquer le quatrième ventricule sur un lapin adulte, Bans ouvrir le crâne, à 10 h. 30 m. du matin. A 2 h. de
(1) Brown-Séquard (Comptes rendus de la Société de biologie, 4871, p. 108, 119, 126).
53G VINGT-GINQUlàMB LEÇON.
i*aprèft-iiiidi, on recneiUe quelques gouttes d*arine, et l'on comtate fB*dk réduit, par rébuUition^ la liqueur de Fehling (réductioa très-peu aboodartf d'ailleurs).
Ce lapin vit encore le 18 juin 1873. mais il est mourant. U ne pesl §im m tenir sur ses membres ; il reste couché sur le flanc. Respiratîoa mmi cafane, mais fréquente. Grincements fréquents des dents. U cligne des jeux, mais U sensibilité de la surface de rœil droit est beaucoup pluii obtuse que celle de Tœil gauche. Les mouvements respiratoires de la narine droite sont co«ené«. La pupille gauche est beaucoup plus étroite que celle de Tceil droit, cl cHU pupille est ovale, oblique de haut en bas et de dehors en dedans.
De temps en temps, il y a un léger tressaillement conmlsif de tout le cecfi, et, au même moment, on observe un mouvement de nystagmus des dc«s globes oculaires.
Le 19 juin, le lapin est encore vivant le matin, mais agonisant. Il meurt avant dix heures du matin.
On enlève Tencéphale. Il y a une pseudo-membrane mince sur le du quatrième ventricule. L'instrument a traversé obliquement la partie latérale de l'hémisphère gauche, et a pénétré dans la région tout à fait du plancher du quatrième ventricule, à 3 ou 4 millimètrea en errière dt l'angle externe de ce plancher, puis il est sorti, à la face inférieure, en sHeta de la partie antéro-ezterne du pédoncule cérébral gauche. Le tissa cérébral, sur les parois du trajet suivi par le poinçon, est ramolli et offre une coloraiM brun-jaunàtre.
On trouve de vastes ecchymoses dans les deux poumons, et l'on des pe»mons présente même, au milieu de la partie ecchymosée, des Ilots de poenmonie.
La membrane muqueuse de l'estomac offre un grand nombre de pelilei taches ecchymotiques, noirâtres, saillantes ; à leur niveau, U membrane ■■queuse soulevée par le dépôt sanguin, forme en plusieurs points conne de petits polypes sessiles : tout autour de ces dépôts, la membrane mnqncose est plie et constitue des sortes d'auréoles blanches.
Les lésions des poumons, chez ce lapin, oflBneDt des caractères différents de ceux qu'elles présentent dans les premières heures ou les premiers jours qui suivent les lésions expérimentales de l'isthme de l'encéphale. 11 est probable que les ilôts de pneumonie correspondent txa ecchymoses primitives; quant aux ecchymoses récentes, elles se sont peut-être formées au moment même de h mort, c'est-à-dire à l'instant où a eu lieu la constrio-
UÉMOBRHAGIBS PAR LÉSIONS DES GEirTRES IfBRVEUX. 537
lion artérielle qui se fait après la cessation de la circulation.
D'après M. Ebstein (1), les hémorrbagies delà membrane muqueuse de reslomac peuvent avoir lieu aussi, soit lorsqu'on excite à diverses reprises, pendant plusieurs heures, le nerf sciatique, soit lorsqu'on lèse le labyrinthe auditif, ou que l'on coupe en travers les canaux semi-circulaires, ou enfin qu'on soumet l'animal à des inQuences qui augmentent la pression du sang, c'estrà*dire à l'asphyxie, par exemple, et à la strychnine (2). Ces hémorrhagies peuvent encore natlre à la suite de lésion des tubercules quadrijumeaux antérieurs. M. Ebstein, qui considère les hémorrhagies observées dans ces différents cas, conjme les ré* sultats d'une élévation de la pression sanguine, admet que cette élévation de pression a pour cause l'excitation des nerfs vaso-moteurs, produite par ces lésions diverses. La section transversale totale de la moelle cervicale ne serait pas suivie d'hémorrhagies de la membrane muqueuse stomacale, parce que cette lésion, tout en provoquant une irritation de ce centre nerveux, déterminerait une paralysie de tous les nerfs vaso-moteurs (3).
Il y a bien certainement encore de grands efforts à faire, pour arriver à découvrir le mécanisme véritable de ces
(1) W. Eb£t6in. Bxpèrimenteile Untersvehmgen ûber dai Zusiandekommefi von BhUexiravasaien in der MagenschlemhatU. (ArchW f. experim. Patliol. n. Pbarmac, 1874, H. p. 183-185. —Anal, in Gentralblatt , 187d, p. 618.)
(2) J'ai TU souvent de pclitcs eecbymoses puUaonaîres, soos-pleurales, chcx les chiens einpeisonnés par la strychnine.
(3) M. Joffiroy a constaté l'existence d'eccbymoses de la paroi de la vessie, dans un cas où il avait lésé, sur un chieo, la partie postérieure (inférieure) de U région lombaire de la moelle épinière (Comptes rendus de la Société de biologie, 1872, p. 190 et suiv.).
538 TIffGT-CINQUIÈllE LEÇON.
congestions et ecchymoses, observées à la suite des lésions du système nerveux.
J'ai déjà dit, dans une autre leçon, que j'avais vu des ecchymoses de Testomac chez des lapins sur lesquels j'avais pratiqué la section intra-crânienne du nerf trijumeau. J'ai vu aussi, dans les mêmes conditions, des ecchymoses et de l'œdème des poumons. Je mets sous vos yeux les pièces provenant de deux lapins opérés il y a quelques jours; vous pourrez étudier ainsi, par vous*mêmes, les caractères de ces altérations. Je crois devoir vous indiquer les principaux détails de ces deux expériences :
Exi*. UI. ^ Le 14 juin 1873, on cherche à cuuper le nerf trijumeau dus le crâne, sur un lapin adulte. Ce lapin est très-abattu après ropération : il reste couché sur le flanc droit. Lor8qu*on le met sur ses pattes, il tonrae de gauche à droite. Si on le couche sur le flanc gauche, il relève sa tête, et, ea lui imprimant un mouvement de rotalion sur le cou, il appuie sa joue droite sur le I4d.
Le 15 juin, Tanimal est mourant. U a dû s'agiter beaucoup pendant Is natl, car les poils des parties voisines de Touverture palpcbrale du côté droit oat disparu» ealevés probablement par un frottement répété sur le sol. L'oeil droit
est rouge, la papille droite est resserrée. I«6 côté droit de U face est absotumeat
insensible.
On coupe le nœud vitaL
On a constaté que Tinstrument avait pénétré dans la protnbérance et Ta^iit profondément blessée. Le nerf trijumeau était d'ailleurs complètement etmpt.
On a trouvé une ecchymose peu étendue, mais d'une certaine profoadror dans chacun des poumons.
L'urine ne contenait pas de sucre.
Cette expérience n'a point toute la netteté désirable. D'une part, en effet, la section du nerf trijumeau n'a pas été la seule lésion faite par l'expérimentateur, et la blés* sure de la protubérance peut avoir contribué à déterminer la production des ecchymoses pulmonaires. D'autre part^ l'animal a été tué par section du bulbe racbidien^ et C(*Ue
HétfORBHAGIES PAR LÉSIONS DES CENTRES NERVEUX. 539
autre lésion peut aussi avoir joué un certain r6Ie, dans le même sens.
L'expérience suivante est beaucoup plus démonstrative :
Exp. IV. <— Le 15 juin^ sur no lapin adolte, on cherche à pratiquer la section intra-crànienne du nerf tnjumeau, des deux côtés. Il y a une hémorrhagie asseï abondante des deux côtés, après qu'on a retiré rinstrnment.
L'opération parait avoir bien réussi du côté droit, mais non du côté gauche (cependant il n*y a pas eu de cris de douleur lorsqu'on a coupé le nerf trijumeau droit). Abolition de la sensibilité dans toute la moitié droite de la facej insensibilité de la cornée, rétrécissement de la pupille du même côté.
Le 16 juin. L'anesthésie de la moitié droite de la face et de Tœil droit est aussi complète que la veille. On constate un peu de trouble opalin de la cornée transparente de l'œil droit; il y a du mucus en certaine quantité sur la conjonctive de ce côté.
Les jours suivants, le trouble de la cornée augmente progressivement.
L'animal meurt le 20 juin.
On trouve quelques petites ecchymoses de la membrane muqueuse de l'estomac ; ces ecchymoses sont noir&tres.
Les poumons offrent des îlots assez étendus de congestions œdémateuses.
Pas d'autres lésions viscérales.
La cornée de l'œil droit présente une tache blanche asseï large, sur laquelle se détachent de très-petites macules plus blanches encore, évidemment intersti- Uelles. Ces petites macules sont formées par une accumulation de carbonate de chaux. En traitant, par l'acide sulfurique étendu d'eau, des lamelles de la cornée, enlevées au niveau de ces macules, on voit, à l'aide du microscope, se produire d'innombrables cristaux de sulfate de chaux, en même temps qu'il se dégage des bulles de gaz. II se forme aussi de nombreux grains sphéroîdaux de sulfate de chaux, à structure aciculaire, rayonnée. Dans les parties de la cornée qui sont moins opaques, l'acide sulfurique fait apparaître aussi des cristaux de sulfate de chaux, mais moins nombreux. Avant l'action de cet acide, on voyait de très-nombreuses granulations, petites, réfringentes, dont la plupart disparaissent en même temps que se montrent les cristaux de suUàte de chaux; un certain nombre d'entre elles persistent cependant : ce sont sans doute des (granulations graisseuses.
Le nerf tryumeau n'a pas été coupé du côté gauche ; celui du côté droit a été, au contraire, entièrement sectionné. U n'y avait aucune lésion de l'encéphale.
Ce n'est pas d'ailleurs seulement dans le cas de lésions du nerf trijumeau, qu'on a observé des ecchymoses viscérales. Nous venons de dire que M. Ebstein a vu se produire
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Asr. C^«3£r. i>.' ^rtr-zZesie pmJmy are wnSat/^ék éam «et r&pports f lA-arHis/if ar«ir«fc 'Arckno gca. de Méd.. tSTS, L U^ — U. Ap ita cTA^fsfùa cf dk r^^fisxit rer.zia dvu kmt rapports avec tkémonkÊfii OL-^iTMje ^Àid^nm f>£s. deXcd., 1874, t. F;.
T«Tcs «Hi : Aiç. Oliticr Graptef nad« de k Sodélé de bMegie, 1873. p. S71. ; Umnm Cooip!.^ resii;» de la Sedété de biolegie, 1878, p. 278) ; Bwclj : Ht fmeijma ■k>i:5:*?/it^ir pef^oloyi^iier «ié/ifiHftmln d'AAwoi i iUyief e« dir rawÊoihnewènts cxrco^scriU dm cerceau et siégeant du cÔti de Sa para^ fysie^ e'est-à-dire du ciié oppc-sé à toffeetion cérébrale (Comptes readtti de h Soctrté de biologie, 1873, p. 278, et Jtfém. de la Soc. de biol., 1873, p^ 137/. M. Baréty a comnwiiqiié i la Sodétê de biologie, en 187A, une Bovvdle obserratioo nUtire a« mtee aiget (De la cangestiau et de tapoplexie pm/mÊmaires liées aux traumatismes accidentels du crâne* — Gooiptes rend» de U Société de biologie, 1874, p. 180).
(2) M. NothDagel a vn récemuieat dee béfflorrbagiet piilflM»airea« tMicat considérables, se produire cbei des lapins dont le certeau était mis à n, et cbcs lesquels U blessait, à Taide d'une épingle, une région spéciale de U mtface cérébrale, située près du sillon qu'on observe sur cotte sorfeee. Ces faîH