‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 15 sur 107 · CONTRACTILITÉ DES ARTÈRES · texte numérisé non relu

CONTRACTILITÉ DES ARTÈRES

proche, comme je viens de le dire, de la contraction des muscles de la vie organique, des muscles de l'intestin, de la vessie, par exemple.

La contractilité des artères dure quelque temps encore après la mort ; chez les animaux, on la voit persister une ou plusieurs minutes, et même, dans quelques cas, une ou plusieurs heures. Nous avons vu Kôlliker constater la persistance de cette propriété pendant plus d'une heure, dans les artères d'un membre amputé. Hunter aurait vu la contractilité durer, dans les artères ombilicales du cordon tenant au placenta, pendant près de trois jours après laccouchement ; mais il est permis de conserver des doutes sur la valeur de cette observation (1).

J'ai cherché, plusieurs Fois, sur des mammifères, à faire contracter les vaisseaux sous Tinfluence d'excitations mécaniques ou galvaniques directes, vingt-quatre heures après la mort, sans jamais y parvenir ; mais j ai obtenu, à l'aide des mêmes moyens, surtout par les excitants mécaniques, des resserrements plus ou moins manifestes des vaisseaux, deux ou trois heures après l'arrêt définitif de toute circulation.

La contractilité n'est pas la même pour toutes lesartè* res, ce qui lient à ce qu'elles n'ont pas toutes la même quantité de fibres musculaires. Dans les artères du cerveau, delà moelle, des glandes, la contraction est extrêmement vive : elle parait plus prononcée dans les artères intestinales que dans celles de la peau.

L'état général de l'animal, son affaiblissement, semblent avoir une influence marquée sur la contractilité vasculaire. Il en est de même chez Thomme, selon son état de santé

(1) Hunter, Œuvres complètes, \. IH, p. 186.

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OU de maladie. Ainsi, en général, chez un malade débilité, les vaisseaux se resserrent moins facilement, d'une façon moins durable, et les bémorrhagies secondaires sont bien plus à craindre. Mais, en réalité, la dépression des forces du sujet exerce une influence incontestable, plutôt sur le degré d'activité de l'appareil nerveux vaso-moteur, que sur celui de la contractilité artérielle elle-même. Le tonus vasculaire est plus ou moins énergique, suivant Tétat des forces de Tanimal, et, quand il y a une dépression considérable de cet état, les vaisseaux sont dans une sorte de relâchement continu ; ils sont, toutes choses égales d'ailleurs, plus larges que dans les conditions de santé et de vigueur normales. De plus, ainsi que je Tai dit, il y a alors une tendance plus grande à la production des dilatations vasculaires réflexes.

Telles sont les preuves de la contractililé artérielle qui nous sont fournies par les résultats des excitations directes des artères. D^autres preuves viendront s'ajouter à cellesci, lorsque nous examinerons l'influence du système nerveux sur ces vaisseaux, les contractions rhythmiques que présentent quelques-uns d'entre eux, et le tonus vascu* laire. C'est alors seulement que nous pourrons comprendre le rôle physiologique de la contractilité vasculaire.

b. Veines. — Jusqu'à présent, dans notre étude sur la contractilité des vaisseaux, nous avons eu surtout les artères en vue ; je dois dire maintenant quelques mots de la contractilité des veines.

I.es veines sont contractiles comme les artères : nous pourrions l'aflSrmer déjà en nous appuyant sur nos connaissances. anatomiques, puisque nous avons trouvé, dans la

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