CONTRACTILITÉ DES VEINES
les a mises à nu (1), etBruns, qui aurait observé souvent, chez le chien, un étranglement annulaire de la veine jugulaire (2).
Nysten (1811) a produit, à l'aide de la galvanisation, une constriction de la veine azygos et de la veine cave supérieure, sur différents mammifères; et chez des suppliciés, àTaidedumème moyen, il avait déterminé des contractions de la veine cave (o).
Kôlliker (18&9), expérimentant sur un membre amputé, a étudié la conlractilité des veines, comme il avait étudié celle des artères. Il a pu produire des contractions trèsmanifestes de la veine saphène et de la veine tibiale postérieure, en électrisant ces vaisseaux, à Taide d'un courant électro-magnétique (û).
Ija veine poplitée, au contraire^ électrisée de la même manière, ne s'est pas resserrée.
Ces expériences montrent que les veines, même assez grosses, sont contractiles. J'ai pu, d'ailleurs, m'en assurer souvent par moi-môme. Ainsi, j'ai fait contracter les veines jugulaires, le tronc de la veine porte, la veine splénique, chez le lapin .
I-a veine porte est pourvue, du reste, chez les mammifères, d'une couche musculaire relativement épaisse. Il en est de même, chez les fœtus, de la veine ombilicale : celte veine se rétrécit par conséquent aussi d'une façon assez énergique.
(1) Tif^demann, Versuch ùber die Wege,,,, p. 33.
(2) Brans, Allgemeine Anatomie^ p. 93.
(3) Nysten, Recherches de chimie et de physiologie paUtologiques, p. 333, 337, 349, 351.
(A) Kôlliker, Zur Lehrt von der Contractilitut tnenschlicher Blut und U/mphf/efâste (Zeitschrift f. wiss. Zoolo^^e, 1849, t. I, p. 258).
On peut, chez Thomme vivant, mettre en évidence la contractililé des veines, au moyen d'une expérience intéressante que M. Gubler a fait connaître (1). Cette expérience se fait sur les veines dorsales de la main. Si Tune de ces veines est percutée vivement, on ne tarde pas à la voir diminuer de calibre, se resserrer peu à peu, et son relief peut même s effacer tout à fait chez les individus irritables. On a, en même temps, une sensation très-nette de conhlriction. Le resserrement de la veine s'étend jusqu'aux anastomoses voisines. Quehjues secondes plus tard, au resserrement succède une dilatation progressive : une bosselure, comme variqueuse, se montre d'abord dans le point percuté, puis la dilatation s'étend de proche en proche, et la veine reprend ses dimensions normales au bout d'un temps variable, après une demi-minute ou une minute, par exemple.
Celte expérience est très-facile à répéter ; elle donne bien les résultats indiqués par M. Gubler. Elle réussit mieux chez les jeunes sujets que chez les vieillards.
Il est clair, du reste, que dans les expériences consistant à faire resserrer les petits vaisseaux cutanés, sous Tinfluence d'excitations mécaniques, telles que le frottement de la peau avec l'ongle ou avec un instrument pointu et mousse quelconque, les veinules se resserrent comme les artérioles; sans quoi, l'anémie locale, si complète en apparence, qui se manifeste sur le trajet parcouru par le corps excitant, ne pourrait pas avoir lieu. La dilatation vasculaire^ qui se montre lorsque l'excitation dépasse un certaiu degré, paraît se produire surtout dans les dernières arté-
(1; (jubler, Co» tract iiité des veines [Compie^ rendus de U Société de biolo|$io, 18â9, p. 79).
CONTRAGTILITÉ DES CAPILLAIRES. 71
rioles. C'est ce qu'on peut reconnattre assez facilement lorsqu'on faradise, avec le pinceau électrique, la peau de la région dorsale des mains, chez des individus offrant une cyanose considérable des extrémités. Dans les points électrisés, on voit la teinte violette faire place à une coloration rouge qui, par 1^ contraste, parait plus vermeille encore qu'elle ne Test en réalité .
La plupart des veines du cerveau, les sinus de la duremère n'ont pas de tunique musculaire ; ces vaisseaux ne sont donc pas contractiles.
Les veines, comme les artères, conservent leur contractililé un certain temps après la mort. C'est ce que prouvent bien pour Thomme les expériences de Nysten et celles de Kôlliker. Sur des animaux morts depuis plusieurs minutes, j'ai pu provoquer aussi un resserrement manifeste de différentes veines, au moyen d'excitations, mécaniques.
c. Capillaires. — Examinons maintenant ce qui se passe dans les vaisseaux capillaires.
Bicbat avait supposé que Taction du cœur est épuisée lorsque le sang arrive aux capillaires, et, d'après lui, ces vaisseaux devaient avoir une force impulsive propre et capable de faire passer le sang dans les veines. Broussais, adoptant les idées de Bicbat sur ce point, considérait les capillaires comme un cœur périphérique. Mais ces auteurs n'apportaient aucune preuve à l'appui de leurs présomptions. Bicbat même paraît ne pas avoir admis la contractilité véritable des vaisseaux ; il n'attribuait aux capillaires que ce qu'il appelait la contractilité insensible^ propriété imaginaire qui, par conséquent, ne saurait rien expli*
quer. D'ailleurs, ni Bichat, ni Broussais, ne distinguaient et ne pouvaient distinguer les vrais capillaires des artérioles et des veinules.
Aujourd'hui, nous connaissons bien la structure des vrais capillaires, et il est permis de douter de la possibilité de la contraction de ces vaisseaux, puisqu'ils ne renferment pas de Gbres musculaires : il est vrai qu'ils sont con* slitués par des cellules épithéliales contenant une substance proléiqne, à laquelle Stricker a voulu attribuer des propriétés sarcodiques ; il est vrai aussi que cet auteur a même cru constater une contraction réelle des capillaires de la queue du têtard : mais ces résultats sont encore très-discutables.
« La paroi des capillaires, dit C. J. Eberth (1), estcon- » tractile chez les jeunes animaux aussi bien que chez les » animaux adultes. Stricker (â) a vu non-seulement les ca- » pillaires des larves de grenouilles, mais encore ceux de la )» membrane nictitante de la grenouille, se resserrer à un D tel point, qu'ils ne pouvaient plus livrer passage à un » seul corpuscule sanguin. Il a vu s'élever, sur la paroi » des capillaires de la membrane nictilante, de petites saiU » lies bosselées qui s'aflaissaient ensuite. Il n'est pas in- » vraisemblable que, sous l'influence de ces contractions, » les corpuscules sanguins puissent pénétrer la paroi vascu- » laireet même la traverser. » Les observations de Stricker sont loin d avoir convaincu tous les physiologistes : la plu* part d'entre eux admettent encore que les vrais capillaires ne sont pas contractiles.
En tout cas, on ne voit pas (les capillaires se contracter
(1) C.-J. Eberth, Von den Bluigefâsten (Handbucb dcr Lehre von dcn Oewe> bon dcr Menschen und derThiere, p. 208).
(2) Stricker (Wiener SiUungiberichte, Bd. U und LU).