‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 18 sur 107 · MOUVEMENTS RHYTHMIQUES DES VAISSEAUX · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS RHYTHMIQUES DES VAISSEAUX

dans le mésentère de la grenouille et dans celui des petits mammifères, pas plus que dans la membrane interdigitale de la grenouille. J'ai examiné souvent la circulation capillaire, surtout sur la grenouille, pour étudier spécialement ce point de la physiologie des vaisseaux, et jamais je n'ai pu reconnaître le moindre indice de contraclilité des parois des capillaires. On les voit subir les influences de Tétat de la circulation artérielle, se dilater quand les artères se dilatent, revenir sur eux-mêmes quand les artères se resserrent : mais ce ne sont évidemment pas là des effets impliquant l'existence d'une véritable contraclilité.

— Les preuves de la coiitractilité vasculaire que j'ai indiquées jusqu'ici ne sont pas les seules que l'on puisse donner.

L'existence de cette contraclilité est démontrée aussi par la contraction spontanée de certains vaisseaux.

Ces contractions spontanées, c'est-à-dire survenant sans rinlesvention d'aucun excitant expérimental, sont plus ou moins rhythmiques, par conséquent plus ou moins analogues aux contractions du cœur. Dans le siècle dernier, Sénac avait imaginé que toutes les artères devaient posséder des mouvements rhythmiques. « Les artères, disait-il, sont » de vrais cœurs sous une autre forme; elles ont les mêmes » fonctions, les mêmes mouvements (1) ^. En réalité, les exemples bien constatés de contractions rhythmiques des vaisseaux, chez les animaux vertébrés, sont peu nombreux. On a signalé les contractions spontanées de certains vaisseaux chez divers animaux. Ainsi on sait qu'il existe des

(1) Sénac, Traité de la structure du cœur, 2® éclit., t. U, p, 193 (Citation de Ivonget).

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mouvements de ce genre dans Tartère axillaire de la torpille (Davy), de la chimère (Duvernois) (1) ; dans le bulbe aortiquc de la grenouille et des poissons ; dans les veines de Tailede la chauve-souris (W. Jones) (2), Marshall Hall a décrit une sorte de cœur veineux dans la queue de Tanguille (3) : M. Ëckhard a étudié Tinfluence de la moelle épinière sur cet organe contractile (4) et il a vu que ces mouvements, contrairement à ce qu'avait assuré Mayer, sont soumis k cette influence. ËnGn, on voit des mouvements alternatifs et rhythmiques de systole et de diastole, dans les terminaisons des veines caves et des veines pulmonaires, chez les mammifères.

Les mouvements des veines de Taile de la chauve-souris

se répèlent huit à dix fois par minute; chaque systole ferme les valvules de ces veines, et le sang est ainsi poussé dans une seule direction, des extrémités de Taile vers le cœur. M. Schiff, d'après M. Fr. Riegel (5), croit avoir prouvé que ces mouvements ont leur cause excitatrice dans le renflement bracliial de la moelle épinière.

Les contractions rhythmiques des terminaisons des veines caves et des veines pulmonaires ont été observées déjà en 1660 par Wallaeus (6), par Stenon (7) en 1673,

(1) Ann. des sciences nat., t. VIU, 1837, p. 35,

(2) London meihco-chir. TransacL-, i853.

(3) MurshaU Hall, CvUical and Exper, Essay on the Circuiation of the Biood, London, 1831^ p. 170, pi. x.

(à) C. Eckhard. Sotiz ûber die Vrsachen der Bewegung des Caudaiherzens des Aales (Beitriigc zur Anatomie und Physiologie. Sicbcnte Abliandlong, p. 167).

(5) Fr. Rio^el, Veber den Einfluss des Servensystems auf den Kreistauf und die Kiirpertemperatur (Pflùger's Archiv, 1871).

(6) Wallœiu, £/)t>^ adOasp. Barthoiinumde motu chyii et sanguints, 1660. (Opéra omnia medica, p. 254.)

(7) Stenonis ex variorum animnlium sectionibus hinc inde /actis excerpiie

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